Monde
Escalade militaire entre Kaboul et Islamabad
Les tensions frontalières entre l’Afghanistan et le Pakistan ont provoqué un important déplacement de population et de nouveaux bombardements sur la capitale afghane, marquant une intensification significative du conflit.
Plus de huit mille familles afghanes ont été contraintes de quitter leurs habitations en raison des récents combats à la frontière, selon une déclaration officielle faite mardi. Cette annonce intervient alors que des déflagrations ont de nouveau retenti dans le ciel de Kaboul, accompagnées de tirs de défense antiaérienne. Les autorités afghanes attribuent ces violences aux forces armées pakistanaises.
Les hostilités actuelles, qui se sont considérablement aggravées depuis jeudi dernier, trouvent leur origine dans une série de frappes aériennes. Le gouvernement afghan affirme avoir lancé une opération terrestre en représailles à des bombardements initiés par son voisin. En réponse, Islamabad a adopté un langage martial, évoquant un état de « guerre ouverte » et accusant les talibans de protéger des groupes militants opérant contre le Pakistan, une allégation systématiquement rejetée par Kaboul.
Les cibles des frappes pakistanaises auraient inclus, outre la capitale, l’ancienne base aérienne de Bagram et la ville de Kandahar, lieu de résidence du chef suprême des talibans. Le ministère afghan de la Défense rapporte des engagements « de grande ampleur et de forte intensité » dans sept provinces. Près du poste-frontière de Torkham, les affrontements se poursuivraient sans relâche.
Le bilan humain provisoire fait état d’au moins trente-neuf victimes civiles depuis le début de l’escalade, un chiffre que les autorités pakistanaises n’ont pas commenté. Parmi les morts figurent trois enfants, tués selon Kaboul dans la province de Kunar. Le Fonds des Nations unies pour l’enfance s’est dit profondément préoccupé par ces pertes civiles, appelant toutes les parties au conflit à la retenue et au respect absolu de la vie des non-combattants.
Pour la première fois, les autorités talibanes ont confirmé que la base de Bagram avait été visée, tout en assurant qu’aucun dommage matériel ou perte humaine n’était à déplorer. De leur côté, des sources sécuritaires pakistanaises justifient ces frappes par des renseignements indiquant que le site servait de plateforme logistique pour les forces afghanes. Islamabad affirme conserver le droit de répondre à toute provocation en frappant des objectifs qu’il jugera légitimes.
Cet épisode constitue la pire flambée de violence depuis l’automne dernier, lorsque des heurts frontaliers avaient entraîné la fermeture des principaux points de passage et causé des dizaines de morts. La situation actuelle laisse présager une prolongation des tensions, avec des conséquences humanitaires croissantes pour les populations civiles des deux côtés de la frontière.
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