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Escalade militaire entre Islamabad et Kaboul sur la frontière afghano-pakistanaise

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Les tensions frontalières entre le Pakistan et l’Afghanistan ont dégénéré en un conflit armé ouvert, marqué par des frappes aériennes, des combats terrestres et un exode de civils.

Des affrontements directs entre forces afghanes et pakistanaises ont été signalés le long de leur frontière commune, selon des témoignages locaux et des responsables. Cette flambée de violence, qui intervient après plusieurs mois d’incidents, a débuté par une offensive terrestre afghane, à laquelle l’armée pakistanaise a répondu par des raids aériens. Islamabad justifie ses opérations militaires par la nécessité de neutraliser des groupes armés qu’il accuse d’être basés en territoire afghan et de mener des attaques contre son sol, une affirmation que les autorités de Kaboul rejettent catégoriquement.

Les hostilités se sont étendues à plusieurs provinces frontalières. Des frappes de drones et des bombardements aériens ont été rapportés, notamment dans la région de Nangarhar, où des pertes civiles sont à déplorer. Des cibles militaires, dont l’ancienne base aérienne de Bagram au nord de la capitale afghane, auraient également été visées, selon des habitants. Les autorités provinciales afghanes ont toutefois minimisé l’impact de ces attaques, affirmant qu’elles n’avaient causé ni victimes ni dégâts significatifs.

Dans la capitale Kaboul, des tirs antiaériens et des explosions ont retenti avant l’aube, entraînant un renforcement notable des dispositifs de sécurité. Le gouvernement taliban a confirmé que ces tirs visaient l’aviation pakistanaise et a appelé la population au calme. Parallèlement, des combats nocturnes ont été signalés près de points de passage frontaliers stratégiques, comme celui de Torhham.

Le bilan humain reste difficile à établir avec précision. Les autorités afghanes font état de plusieurs dizaines de victimes civiles dans les provinces orientales, ainsi que de pertes dans leurs rangs. De son côté, l’armée pakistanaise reconnaît la mort de plusieurs de ses soldats. Les deux parties revendiquent des frappes sur le territoire adverse, Kaboul affirmant avoir mené des opérations aériennes au Pakistan, vraisemblablement par drone.

Cette escalade a provoqué un mouvement de panique parmi les populations frontalières. Des centaines de familles ont fui leurs foyers dans la province de Khost pour échapper aux bombardements, certaines dans des conditions précaires. Des appels à l’aide à la communauté internationale ont été lancés par des déplacés pour faire pression en faveur d’un cessez-le-feu.

Les tentatives de médiation diplomatique, notamment par des pays du Golfe, n’ont pour l’instant pas abouti. Le Pakistan affirme son droit à l’autodéfense et sa détermination à poursuivre ses opérations, tandis que l’Afghanistan dit privilégier la voie du dialogue. Cette crise constitue la pire détérioration des relations bilatérales depuis plusieurs mois, ravivant les tensions sur une frontière longtemps fermée et hautement sensible.

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