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Dix-huit militaires cambodgiens regagnent leur patrie après cinq mois de détention

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La libération de ces soldats, capturés en juillet, intervient dans le sillage d’un nouvel accord de cessez-le-feu conclu entre Phnom Penh et Bangkok. Elle marque un geste d’apaisement dans un différend frontalier ancien et récurrent.

Les autorités thaïlandaises ont remis en liberté dix-huit soldats de l’armée cambodgienne qui étaient détenus depuis la fin du mois de juillet dernier. Leur retour sur le territoire national a été confirmé mercredi par le gouvernement de Phnom Penh. Le ministre cambodgien de l’Information a indiqué que le groupe était arrivé sans encombre dans la matinée.

Ces militaires avaient été appréhendés le 29 juillet, quelques heures seulement après l’entrée en vigueur d’une première trêve parrainée par plusieurs puissances étrangères. Cette trêve faisait suite à cinq jours d’hostilités particulièrement violentes. Leur libération actuelle survient quelques jours après l’annonce, samedi, d’un nouveau cessez-le-feu immédiat entre les deux royaumes.

À leur arrivée, certains des soldats libérés ont salué la foule depuis les fenêtres du véhicule qui les transportait, d’abord à la frontière de la province de Pailin, puis à Phnom Penh. Des proches, émus aux larmes, les attendaient dans la capitale où ils devaient être reçus par les plus hautes autorités. Pour de nombreuses familles, ce retour constitue un véritable soulagement à l’orée de la nouvelle année.

Le ministère thaïlandais des Affaires étrangères a, de son côté, confirmé cette mesure, la présentant comme une manifestation de bonne volonté destinée à instaurer un climat de confiance. Cette démarche s’inscrit dans le cadre des engagements pris dans une déclaration commune signée récemment par les deux ministres de la Défense. Ce texte prévoyait explicitement la libération des soldats dans les soixante-douze heures suivant le début effectif du cessez-le-feu.

L’accord conclu samedi engage également les parties à geler leurs positions militaires, à coopérer pour le déminage des zones frontalières et à lutter contre la cybercriminalité. Il prévoit en outre le retour des civils déplacés par les récentes hostilités. Ces combats, malgré un précédent accord signé en octobre en Malaisie, ont causé la mort d’au moins quarante-sept personnes et provoqué le déplacement de près d’un million d’habitants de part et d’autre de la frontière.

La mise en œuvre de la trêve avait connu une tension en début de semaine, Bangkok ayant accusé Phnom Penh d’une violation par le survol de son espace aérien. Les autorités cambodgiennes avaient minimisé cet incident, le qualifiant de problème mineur, avant que le ministère de la Défense ne démente catégoriquement les faits.

Le litige frontalier entre les deux pays, qui porte sur le tracé d’un segment de huit cents kilomètres hérité de l’époque coloniale française, demeure entier. Les deux États s’accusent mutuellement d’avoir provoqué la dernière escalade pour le contrôle de temples anciens situés dans la zone contestée. Un premier round d’affrontements en juillet avait déjà fait quarante-trois morts avant qu’une trêne ne soit obtenue.

Si la libération des soldats constitue un pas tangible vers la désescalade, la résolution du conflit frontalier reste en attente. Phnom Penh a proposé une rencontre bilatérale en janvier, mais Bangkok a fait savoir qu’elle préférait attendre la formation de son nouveau gouvernement après les élections législatives prévues en février.

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