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Politique

Des royalistes en campagne pour les municipales

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À l’approche des élections locales de mars, plusieurs candidats se revendiquant de la mouvance monarchiste investissent le terrain municipal. Leur objectif affiché est moins de remporter des mairies que de faire connaître leur projet politique, dans l’espoir, à long terme, d’œuvrer au retour d’une royauté en France.

Un courant politique confidentiel mais persistant entend profiter du scrutin de mars pour porter sa voix. Plusieurs candidats, se réclamant de la tradition monarchiste, se présentent en effet aux élections municipales. Leur démarche, bien que minoritaire, illustre une volonté de s’inscrire dans le débat public en utilisant les institutions de la République qu’ils souhaitent, à terme, voir disparaître.

Pour ces militants, l’engagement dans la vie politique locale constitue avant tout un moyen de se faire connaître. Sébastien Piffard, candidat dans une commune du Maine-et-Loire, reconnaît que l’étiquette royaliste peut susciter la méfiance. Il peine d’ailleurs à constituer une liste complète. Comme lui, Ulrich Bailleul, qui brigue la mairie de Rodez, admet volontiers que son positionnement le place en marge du paysage politique traditionnel. Leur ambition immédiate n’est pas la victoire, mais la visibilité.

La mouvance royaliste française, historiquement divisée entre plusieurs courants comme les orléanistes et les légitimistes, reste dépourvue de poids électoral significatif. Elle rassemble néanmoins des partis aux profils variés, de l’Action Française à des formations plus récentes comme le Lys Royal de France. Ce dernier, créé il y a un an, défend un programme axé sur le contrôle des frontières, la sortie de l’Union européenne et la primauté du catholicisme.

La figure de Louis de Bourbon, prétendant légitimiste au trône de France, a récemment bénéficié d’une certaine exposition médiatique. Dans plusieurs tribunes publiées par des titres de presse, il a dépeint une République en crise et appelé à un retour aux sources monarchiques du pays. Cette médiatisation offre une caisse de résonance à des idées qui peinent autrement à percer.

Au-delà des divergences sur la personne du futur souverain, les royalistes partagent une critique radicale du système républicain, jugé instable et facteur de divisions. Ils y opposent l’idéal d’une monarchie moderne, symbole à leurs yeux d’unité et de continuité historique. Leur participation aux élections, perçue par certains comme un paradoxe, est justifiée par ses promoteurs comme l’utilisation des outils démocratiques disponibles pour servir leur cause.

L’horizon ultime de cet engagement municipal reste lointain et symbolique. Il s’agit, pour certains, de préparer le terrain en vue d’une éventuelle candidature à l’élection présidentielle, qui nécessiterait les parrainages de maires. Une perspective jugée hautement hypothétique, mais qui structure un militantisme conçu comme une étape transitoire. Comme le résume l’un des candidats, son retrait de la vie politique interviendrait le jour où son objectif fondamental serait atteint, sans qu’il ne se risque à en fixer la date.

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