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CNews accusée de contourner ses obligations de pluralisme

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L’organisation Reporters sans frontières dénonce une répartition déséquilibrée des temps de parole entre la gauche et l’extrême droite selon les horaires de diffusion, tandis qu’une enquête télévisée approfondit les critiques sur la ligne éditoriale de la chaîne.

L’organisation Reporters sans frontières a rendu publique une analyse accablante concernant les pratiques de la chaîne d’information en continu CNews. Selon l’enquête menée pendant un mois, le média appartenant au groupe Bolloré organiserait délibérément la répartition des intervenants politiques en fonction des audiences, réservant les créatures de grande écoute aux représentants de l’extrême droite et reléguant les personnalités de gauche aux heures nocturnes.

L’étude détaillée s’appuie sur l’examen systématique de sept cent mille bandeaux d’information. Elle révèle que pendant les tranches horaires les plus regardées, les personnalités classées à l’extrême droite bénéficient de plus de quarante pour cent du temps de parole, contre seulement quinze pour cent pour les représentants de gauche. La situation s’inverse complètement après minuit, où la gauche occuperait plus de soixante pour cent de l’antenne.

Ces éléments nourrissent également un reportage d’investigation qui s’intéresse à la ligne éditoriale de la chaîne. Le documentaire met en lumière l’usage répété de certains termes, avec des occurrences du mot « islam » et « immigration » significativement plus élevées que chez les chaînes concurrentes. L’émission rappelle par ailleurs que CNews a déjà fait l’objet de plusieurs sanctions de la part de l’autorité de régulation de l’audiovisuel.

La direction de la chaîne n’a pas souhaité réagir à ces accusations. Seuls quelques chroniqueurs réguliers ont défendu l’orientation éditoriale, estimant que CNews apportait une liberté de ton nécessaire sur des sujets parfois insuffisamment traités ailleurs. Cette affaire intervient dans un contexte de tensions persistantes entre le service public audiovisuel et les médias du groupe Bolloré.

Reporters sans frontières a annoncé son intention de saisir formellement le régulateur, estimant que ces pratiques contournent les obligations légales de pluralisme. L’organisation demande que le calcul des temps de parole inclue l’ensemble des participants aux émissions, et non uniquement les personnalités politiques. Cette approche avait déjà été validée par le Conseil d’État plus tôt dans l’année.

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