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Cinquante ans après Franco, l’Espagne face à son héritage démocratique

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Le chef du gouvernement Pedro Sánchez a appelé à préserver les libertés fondamentales, alors que persiste une fracture mémorielle dans la société espagnole.

Un demi-siècle après la disparition du général Francisco Franco, le pouvoir exécutif espagnol a annoncé près de cinq cents initiatives commémoratives destinées à souligner le rétablissement du système démocratique. Le président du gouvernement a salué dans une tribune publiée jeudi ce qu’il a qualifié de parcours exceptionnel ayant conduit la nation vers la liberté et la prospérité. Il a insisté sur la nécessité de protéger les acquis démocratiques face à certaines tendances contemporaines.

Aucune cérémonie officielle d’envergure n’était organisée pour marquer l’anniversaire du décès de l’ancien chef de l’État, survenu le 20 novembre 1975 après trente-six années de direction autoritaire. Le ministre chargé de la Mémoire démocratique a précisé que ces hommages visaient non pas la figure du dirigeant défunt, mais la fin de la période dictatoriale. Cette approche s’inscrit dans un climat politique marqué par la montée en puissance de formations conservatrices et la persistance de références positives au passé autoritaire, notamment parmi les jeunes générations.

Une étude récente révèle en effet qu’un quart des citoyens âgés de 18 à 28 ans jugent qu’un régime autoritaire peut présenter certains avantages par rapport à la démocratie. Près de 40 % des personnes interrogées affichent une perception neutre ou favorable de l’ère franquiste, illustrant les divisions qui traversent encore la société. Cette fracture s’est récemment trouvée accentuée par la publication des mémoires de l’ancien souverain Juan Carlos, contenant des éloges à l’égard de l’ancien régime.

La classe politique manifeste des positions contrastées sur cette question. Alors que des représentants de la gauche radicale déplorent l’absence de condamnation claire de la dictature par une partie de la droite, la présidente de la région de Madrid a évoqué devant son assemblée les Espagnols qui rejettent toute bipolarisation mémorielle. Comme chaque année, plusieurs dizaines de personnes se sont rassemblées sur la sépulture de l’ancien chef de l’État, transférée en 2019 du monument de la Valle de Cuelgamuros vers un cimetière madrilène. L’exécutif a par ailleurs engagé une procédure de dissolution de la fondation perpétuant la mémoire de l’ancien dirigeant.

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