Nous rejoindre sur les réseaux

Monde

Cinq ans après, l’assaut du Capitole creuse le fossé politique américain

Article

le

Alors que le pays commémore l’événement, les deux grands partis affichent des lectures radicalement opposées de cette journée, symbole d’une démocratie durablement ébranlée.

Le souvenir du 6 janvier 2021 continue de diviser profondément la vie politique aux États-Unis. Cinq ans après que des partisans de l’ancien président ont forcé les portes du Capitole, démocrates et républicains entretiennent des récits inconciliables sur la nature et la portée de ces heures qui ont suspendu la certification du scrutin présidentiel. Loin de s’estomper, cette fracture s’est même accentuée depuis le retour au pouvoir de Donald Trump.

Les élus démocrates persistent à décrire une tentative sans précédent de subvertir le processus électoral. Ils entendent maintenir vivace la mémoire de ce qu’ils considèrent comme une attaque contre les institutions. De son côté, la majorité de l’appareil républicain, désormais aligné derrière le président, a largement abandonné les critiques initiales. Ce dernier a toujours évité de condamner les actions de ses soutiens, préférant des qualificatifs évoquant un élan de passion politique. Dès sa réinstallation à la Maison Blanche, il a accordé une grâce collective aux personnes condamnées dans le cadre de la vaste enquête judiciaire ayant suivi les événements.

Cette commémoration donne lieu à des manifestations contrastées. Des organisations pro-Trump prévoient une marche sur le parcours emprunté en 2021, honorant notamment une participante tuée ce jour-là, devenue une figure emblématique dans ces cercles. Parallèlement, l’opposition met en garde contre les risques d’un oubli ou d’une réécriture des faits. Elle rappelle que plusieurs bénéficiaires de la grâce présidentielle ont depuis fait l’objet de nouvelles inculpations pour des infractions graves.

L’épisode trouve son origine dans le refus de Donald Trump, alors en fin de mandat, de concéder sa défaite à l’élection de 2020. Après un discours enflammé près de la Maison Blanche, une foule s’est dirigée vers le siège du Congrès, où elle a franchi les dispositifs de sécurité. L’intrusion a conduit à des scènes de vandalisme et de violence, contraignant les parlementaires à évacuer dans la précipitation. Une commission d’enquête parlementaire avait par la suite établi les liens entre cette mobilisation et les efforts pour contester les résultats du vote, recommandant des poursuites.

Aujourd’hui, si les démocrates insistent sur la nécessité d’un devoir de mémoire, les dirigeants républicains au pouvoir observent pour la plupart un silence prudent ou dénoncent une instrumentalisation politique de la date. Cette divergence fondamentale illustre la difficulté persistante à établir un récit national commun sur un événement qui a durablement marqué la conscience politique américaine.

Click to comment

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Les + Lus