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Politique

Charles Alloncle, le rapporteur qui bouscule l’enquête parlementaire sur France Télévisions et Radio France

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_**Le député d’alliance RN, chargé d’une mission d’évaluation sur le service public de l’audiovisuel, polarise les débats par ses méthodes d’audition, suscitant tensions et mises en garde au sein de la commission.**_

Le fonctionnement de la commission d’enquête parlementaire sur l’audiovisuel public se trouve perturbé par les pratiques de son rapporteur, Charles Alloncle. Élu de l’Hérault et membre du groupe UDR allié au Rassemblement national, le parlementaire de 32 ans adopte un style direct lors des auditions, qualifié par ses défenseurs de pugnace et par ses détracteurs d’inquisiteur. Cette approche a conduit le bureau de la commission, composé d’élus de différents bords, à rappeler collectivement des principes de déontologie. Il a été acté que les travaux devaient se dérouler avec sobriété, sans communication en direct sur les réseaux sociaux ni déformation des propos des personnes entendues.

Le président de la commission, Jérémie Patrier-Leitus, a réaffirmé sa volonté d’éviter toute dérive vers un « tribunal politique ». Les auditions, interrompues pendant les fêtes, doivent reprendre à la mi-janvier avec les représentants des personnels de France Télévisions et de Radio France. L’attitude du rapporteur a cependant déjà provoqué plusieurs incidents. La présidente de l’Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet, a elle-même procédé à un rappel à l’ordre à son encontre, redoutant un détournement de l’objectif initial de la mission.

Charles Alloncle assume pour sa part une posture volontairement insistante, expliquant vouloir poser des questions que « des millions de Français se posent ». Il a déjà confronté avec vigueur les dirigeantes de France Télévisions et de Radio France, ainsi que le président de l’autorité de régulation, l’Arcom. Sibyle Veil, la directrice générale de Radio France, a notamment déploré des « déformations publiques » de ses déclarations. L’animateur Nagui a, quant à lui, menacé le député de poursuites judiciaires après des affirmations concernant sa rémunération.

Le rapporteur bénéficie de soutiens affirmés au sein de la droite et de l’extrême droite. Marine Le Pen a dénoncé une « pression intolérable » exercée contre lui, tandis que Jordan Bardella a salué un travail « remarquable ». Eric Ciotti a pour sa part loué son « talent » et son « courage ». À l’inverse, des élus de la majorité présidentielle et de la gauche dénoncent une instrumentalisation des travaux. Xavier Bertrand a pointé une récupération « à des fins idéologiques », et des parlementaires de gauche ont fustigé une « tentative d’humiliation » lors d’auditions de journalistes.

La commission, créée après la diffusion d’une vidéo de journalistes de France Inter ayant relancé les accusations de partialité, est officiellement chargée d’examiner la neutralité, le fonctionnement et le financement du secteur. Alors que l’allié RN du rapporteur prône une privatisation, Charles Alloncle se présente en défenseur d’un service public qu’il dit vouloir « sauver » en « purgeant les soupçons ». Ancien entrepreneur et diplômé d’HEC, il se décrit comme un auditeur assidu des antennes publiques. Ses méthodes continuent de diviser, certains y voyant une remise en cause du modèle démocratique, quand d’autres, à l’image du journaliste Pascal Praud, y décèlent une résistance salutaire face au « système ».

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