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Bolsonaro face à la justice pour un procès historique sur la tentative de putsch

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L’ancien président brésilien est accusé d’avoir dirigé une organisation criminelle visant à instaurer un régime autoritaire. Le tribunal suprême rejette toute pression extérieure dans cette affaire aux implications politiques majeures.

L’audience inaugurale du procès de Jair Bolsonaro s’est ouverte ce mardi devant la Cour suprême de Brasilia. Le magistrat instructeur a immédiatement situé la gravité des faits reprochés à l’ancien chef de l’État et à sept autres prévenus, parmi lesquels figurent d’anciens ministres et hauts gradés militaires. Selon l’accusation, ils auraient conspiré en vue de maintenir illégalement Bolsonaro au pouvoir après sa défaite électorale face à Luiz Inacio Lula da Silva en 2022.

Le parquet qualifie ces agissements de tentative délibérée de renversement de l’ordre démocratique, avec pour objectif affiché l’instauration d’un État d’exception. Les investigations mettent en lumière l’existence présumée d’un décret visant à proclamer l’état de siège, ainsi que des projets d’attentats contre le président Lula et certains membres de l’appareil judiciaire.

Absent de cette première audience en raison de son assignation à résidence, l’ancien dirigeant d’extrême droite conteste fermement les charges retenues contre lui et dénonce une machination politique. Son inéligibilité jusqu’en 2030 ne l’empêche pas de demeurer une figure centrale de l’échiquier politique brésilien, à un an et demi de la prochaine élection présidentielle.

Ce procès intervient dans un contexte diplomatique tendu entre le Brésil et les États-Unis. Les sanctions commerciales décrétées par l’administration Trump en réaction à la procédure judiciaire ont été publiquement dénoncées par la Cour suprême, qui affirme exercer ses fonctions en toute indépendance.

Les débats doivent se poursuivre durant plusieurs jours, avec un verdict attendu avant la mi-septembre. Une condamnation pourrait entraîner une peine d’emprisonnement allant jusqu’à quarante-trois années de détention. Certains partisans de l’accusé espèrent toutefois une loi d’amnistie qui pourrait être adoptée par le Parlement pour lui éviter la prison.

La tenue de ce procès constitue un moment sans précédent dans l’histoire judiciaire brésilienne, quarante ans après la fin de la dictature militaire. Des mesures de sécurité renforcées ont été déployées autour des institutions gouvernementales, rappelant les violents incidents survenus en janvier 2023 lorsque des partisans de Bolsonaro avaient envahi le siège des pouvoirs publics.

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