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ArcelorMittal enclenche la décarbonation de son acier à Dunkerque

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_**Le président de la République s’est rendu sur place pour acter le lancement d’un investissement majeur, présenté comme une étape clé pour l’avenir de la sidérurgie française et européenne.**_

Le groupe sidérurgique ArcelorMittal a officialisé ce mardi, en présence du chef de l’État, la construction sur son site de Dunkerque du plus grand four électrique d’Europe. Cette décision, attendue depuis plusieurs mois, marque un engagement concret du géant industriel en France. L’installation, dont la mise en service est prévue pour 2029, représente un investissement de 1,3 milliard d’euros et aura une capacité annuelle de deux millions de tonnes d’acier.

Lors de sa visite, le président a exhorté l’entreprise à poursuivre ses efforts, évoquant la nécessité de construire un second four, de développer la filière hydrogène et de sécuriser l’avenir du site de Fos-sur-Mer. Il a rappelé l’impératif stratégique de produire un acier européen et moins carboné pour répondre aux besoins des industries continentales, notamment automobile. Ce nouvel équipement doit se substituer à l’un des deux hauts-fourneaux traditionnels du site, permettant une production sans charbon et donc une réduction significative des émissions de CO2.

Le financement de ce projet s’appuiera pour moitié sur le mécanisme des certificats d’économie d’énergie, un dispositif public contraignant les fournisseurs d’énergie à soutenir des opérations d’efficacité énergétique. Le ministre de l’Économie a défendu ces aides publiques, les qualifiant d’investissement essentiel pour l’industrie nationale et européenne. Ce chantier, annoncé initialement en 2024 avec un périmètre plus large incluant deux fours et une unité de réduction directe, avait été retardé en raison du contexte concurrentiel et des coûts de l’énergie, suscitant des inquiétudes quant à l’engagement du groupe sur le continent.

Du côté syndical, l’annonce est accueillie avec une prudence mesurée. Un représentant de la CGT a qualifié la décision de « verre à moitié plein », tout en soulignant que cet investissement unique ne suffirait pas, à lui seul, à écarter le risque de délocalisations. Il a réclamé des engagements fermes sur le calendrier et s’est interrogé sur les conséquences en matière d’emplois et de compétences, le projet initial ayant été revu à la baisse. L’usine de Dunkerque, qui emploie 3 200 personnes et figure parmi les sites industriels les plus émetteurs de France, reste un pivot de la production sidérurgique nationale.

Dans un communiqué, la direction d’ArcelorMittal a salué le soutien des autorités françaises à l’évolution des mécanismes de défense du marché européen de l’acier. Le groupe, qui affiche des résultats financiers solides, a récemment procédé à des restructurations de ses fonctions support en France. Parallèlement, il a inauguré fin de l’année dernière à Dunkerque de nouvelles lignes de production d’aciers spéciaux pour moteurs électriques. La direction française du groupe souligne que près de deux milliards d’euros d’investissements ont été annoncés sur ce site en deux ans et que les effectifs totaux en France sont restés stables.

Cette annonce intervient dans un contexte politique particulier, une proposition de loi visant à nationaliser les activités françaises d’ArcelorMittal ayant été adoptée par l’Assemblée nationale. Son examen doit se poursuivre au Sénat. À l’issue de ce déplacement, le président doit participer à un sommet européen sur l’industrie, où les questions de souveraineté et d’indépendance industrielle du continent devraient être au cœur des discussions.

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