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Apprentissage de la natation en Seine-Saint-Denis, un enjeu de sécurité publique

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Face à la recrudescence des noyades, des stages gratuits permettent aux enfants de banlieue parisienne d’acquérir les bases essentielles.

Dans le bassin olympique rénové du stade nautique Maurice Thorez à Montreuil, une quinzaine d’enfants âgés de 6 à 8 ans s’initient aux gestes qui sauvent. Sous la vigilance attentive des maîtres-nageurs, ils apprennent à flotter, à respirer et à se déplacer dans l’eau, des compétences vitales qui pourraient un jour leur éviter le pire. Ces stages intensifs, entièrement gratuits, s’inscrivent dans le cadre du dispositif « Savoir nager », déployé dans onze piscines de Seine-Saint-Denis.

Financé en partie par l’Agence nationale du sport, ce programme vise à réduire les inégalités d’accès à la natation, particulièrement marquées dans les quartiers populaires. Les statistiques sont éloquentes. Selon une étude récente, les enfants issus de milieux défavorisés sont six fois plus susceptibles de ne pas savoir nager que ceux de familles aisées. Un constat qui pousse les autorités locales à agir.

Les séances, organisées sur cinq jours, mélangent exercices pratiques et mise en confiance. « L’objectif n’est pas d’en faire des champions, mais de leur donner les moyens de se sortir d’une situation dangereuse », explique un responsable du stade nautique. Les moniteurs adaptent leur pédagogie pour rassurer les plus craintifs, comme ce garçonnet en larmes ou cette fillette réticente à plonger.

Au-delà des enjeux de sécurité, ces stages répondent à une urgence sociale. Pour nombre de participants, ces quelques jours représentent leur seul départ en vacances. Une réalité qui souligne l’importance de tels dispositifs, alors que les restrictions budgétaires annoncées pour 2026 pourraient menacer leur pérennité.

Les résultats sont pourtant tangibles. À l’image d’Iliam, 6 ans, qui après une frayeur en mer l’été dernier, maîtrise désormais les rudiments de la nage. « Maintenant, je sais me sauver », lance-t-il fièrement. Une victoire modeste, mais essentielle, dans un pays où près de 200 noyades ont été recensées depuis le début de l’été.

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