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Anutin Charnvirakul, l’héritier pragmatique aux commandes de la Thaïlande

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Le royaume se tourne vers une figure chevronnée de la scène politique pour apaiser les tensions institutionnelles. Anutin Charnvirakul, ministre expérimenté et homme d’affaires respecté, incarne désormais l’espoir d’une stabilisation après des mois d’incertitude.

Le Parlement thaïlandais a officialisé vendredi la nomination d’Anutin Charnvirakul au poste de Premier ministre. Cet homme politique de 58 ans, issu d’une lignée d’élites économiques et ministérielles, représente une force modératrice dans le paysage politique local. Son parcours reflète une capacité remarquable à naviguer entre les différentes factions qui structurent la vie publique du royaume.

Fils d’un ancien chef de gouvernement et ministre de l’Intérieur, Anutin Charnvirakul a hérité d’un empire entrepreneurial bâti sur les marchés publics et la construction d’infrastructures majeures, dont l’aéroport international de Bangkok. Après des études d’ingénieur aux États-Unis, il a entamé une carrière politique comme conseiller au ministère des Affaires étrangères avant d’occuper plusieurs portefeuilles stratégiques, dont ceux de la Santé et de l’Intérieur.

Malgré une exclusion temporaire de la vie politique en 2007, il a su rebâtir une influence significative à la tête du parti Bhumjaithai, formation de centre-droit devenue incontournable dans les négociations de coalition. Son action en tant que ministre de la Santé durant la pandémie de Covid-19, bien que marquée par certaines polémiques, lui a offert une visibilité internationale. C’est également sous son mandat que la Thaïlande a dépénalisé l’usage du cannabis, une mesure audacieuse qui a marqué les esprits.

Sur le plan personnel, Anutin cultive une image décontractée, entre sessions de saxophone partagées sur les réseaux sociaux et activités caritatives, comme le transport aérien de patients nécessiteux. Pilote amateur, il possède d’ailleurs plusieurs avions privés.

Sa désignation intervient après la destitution surprise de Paetongtarn Shinawatra, elle-même fille de l’ancien Premier ministre Thaksin. Le soutien inattendu de l’opposition parlementaire, dont le Parti du peuple, a été déterminant pour sceller cette nomination. Beaucoup y voient un calcul stratégique visant à éviter une prolongation de la crise institutionnelle et à restaurer un climat propice aux affaires et au tourisme.

Reste que le nouveau chef du gouvernement devra composer avec des équilibres politiques fragiles et des attentes sociales fortes, dans un contexte régional encore marqué par des tensions frontalières, notamment avec le Cambodge.

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