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Alliance fracturée au Yémen, Riyad frappe un convoi attribué à Abou Dhabi

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Les tensions entre les deux piliers du Golfe, l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis, ont atteint un point critique après des frappes aériennes menées par la coalition dirigée par Riyad contre le port yéménite d’al-Mukalla.

L’Arabie saoudite a publiquement accusé son allié émirati de mener des actions « extrêmement dangereuses » en soutenant les séparatistes sudistes au Yémen. Cette condamnation officielle fait suite à une opération militaire visant, selon Riyad, un important débarquement d’armes et de véhicules militaires en provenance des Émirats arabes unis et destiné aux forces du Conseil de transition du Sud (STC). Ce mouvement, pourtant membre du gouvernement yéménite reconnu internationalement, a récemment étendu son contrôle sur de vastes territoires dans le sud du pays, ravivant les aspirations séparatistes.

Les autorités saoudiennes ont exigé le retrait des forces émiraties du Yémen dans un délai de vingt-quatre heures, mettant en lumière une fracture profonde au sein de la coalition qui combattait jusqu’ici les rebelles houthis. Abou Dhabi a catégoriquement rejeté ces accusations, affirmant que la cargaison interceptée ne contenait aucune arme et était destinée à ses propres troupes déployées sur le terrain, dans le cadre d’une coordination préalable avec Riyad. Ce déni n’a pas empêché la coalition de justifier son intervention par l’échec des tentatives diplomatiques.

Sur le terrain, les frappes sur al-Mukalla ont provoqué des dégâts matériels et semé la panique parmi les civils, selon des témoignages locaux. L’incident a immédiatement eu des répercussions politiques. Le président du Conseil de direction yéménite, Rachad al-Alimi, a décrété l’état d’urgence et annulé un pacte de défense avec les Émirats, une décision aussitôt contestée par les membres du Conseil proches d’Abou Dhabi. Cette division institutionnelle illustre l’impasse politique actuelle.

Cette escalade entre deux partenaires stratégiques traditionnels survient dans un contexte déjà extrêmement fragile. Le Yémen, dévasté par près d’une décennie de conflit, reste morcelé et confronté à une crise humanitaire majeure. Les récentes avancées des séparatistes sudistes, perçues comme une menace par Riyad pour la stabilité de la région et ses propres frontières, ouvrent un nouveau front interne complexe. La communauté internationale, notamment les États-Unis, a appelé à la retenue, sans prendre parti entre ses deux alliés du Golfe, alors que les perspectives de paix paraissent plus incertaines que jamais.

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