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Alep sous la menace d’une reprise des frappes après l’échec des négociations avec les combattants kurdes

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Les autorités de Damas ont annoncé la fin d’une trêve éphémère, ouvrant la voie à de nouvelles opérations militaires dans les secteurs de la ville toujours contrôlés par les Forces démocratiques syriennes. Des dizaines de milliers de civils ont déjà fui les quartiers concernés.

L’armée syrienne a fait savoir qu’elle s’apprêtait à reprendre ses frappes aériennes et terrestres sur des positions militaires dans le district de Cheikh Maqsoud, à Alep. Cette annonce intervient après le refus catégorique des combattants kurdes des Forces démocratiques syriennes (FDS) de quitter les lieux, malgré une offre d’évacuation vers le nord-est du pays proposée dans le cadre d’un cessez-le-feu décrété plus tôt dans la journée. Les autorités avaient même déployé des bus pour procéder au transfert des combattants, une proposition qualifiée de « reddition » et rejetée par les responsables kurdes, qui affirment leur intention de défendre leurs positions.

Les affrontements, qui ont éclaté plus tôt cette semaine, ont provoqué un important mouvement de population. Selon les estimations des Nations unies, plusieurs dizaines de milliers de familles ont déjà quitté leurs foyers. Vendredi après-midi, l’armée avait ouvert pendant deux heures des couloirs sécurisés pour permettre l’exfiltration des civils restants. Des images ont montré des habitants évacuant sous la pluie, emportant avec eux quelques effets personnels. Peu après la fin de cette fenêtre humanitaire, des sources kurdes ont fait état de bombardements intenses sur Cheikh Maqsoud, tandis que la télévision d’État syrienne accusait les FDS d’avoir lancé des attaques par drones sur d’autres quartiers de la métropole du nord.

Cette escalade survient dans un contexte de tensions persistantes autour de la mise en œuvre d’un accord de mars dernier, censé encadrer l’intégration des institutions et des forces kurdes au sein des structures étatiques. Une haute responsable de l’administration autonome kurde a réaffirmé l’attachement de son camp à ce cadre, tout en accusant la partie gouvernementale de chercher à y mettre un terme. Des observateurs internationaux estiment que le recours à la force militaire marque un durcissement significatif et un éloignement des discussions techniques, fragilisant un peu plus un processus politique déjà précaire.

La situation a mobilisé plusieurs capitales étrangères. Une source diplomatique a indiqué que l’émissaire américain pour la Syrie était en route pour Damas, semblant confirmer un rôle de médiation de Washington, salué par les responsables kurdes. De son côté, Ankara a exprimé son soutien aux opérations menées par l’armée syrienne. La Turquie, qui a mené par le passé plusieurs offensives contre les milices kurdes en Syrie, partage une longue frontière avec son voisin méridional. Le président français a pour sa part rappelé, lors d’un échange téléphonique avec son homologue syrien, l’importance d’une Syrie unie où toutes les composantes de la société seraient protégées, réaffirmant le soutien de Paris à la pleine application de l’accord de mars.

Il s’agit des confrontations les plus sérieuses à Alep entre forces gouvernementales et groupes kurdes depuis les changements politiques survenus à Damas il y a plus d’un an. Ces événements interviennent alors que le pouvoir en place, qui s’était engagé à garantir la sécurité des minorités, a dû faire face à plusieurs épisodes de violences communautaires ailleurs dans le pays au cours des derniers mois.

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