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Alep, les quartiers kurdes vidés par la militarisation

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La décision de l’armée syrienne de transformer deux secteurs de la métropole du nord en « zone militaire » a provoqué un exode massif de civils, dans un contexte de regain de tensions entre Damas et les forces kurdes.

Un mouvement de panique a saisi les habitants des quartiers d’Achrafieh et Cheikh Maqsoud à Alep. L’annonce par l’armée syrienne du statut de zone militaire pour ces secteurs, assortie d’un ultimatum pour les évacuer, a déclenché un départ précipité de familles entières. Des couloirs dits humanitaires ont été mis en place pour faciliter leur sortie, sous le regard de correspondants sur place qui ont décrit des scènes de désarroi, des bagages charriés à la hâte et des visages en larmes.

Cette mesure intervient au lendemain d’affrontements localisés ayant causé la mort de neuf personnes. L’état-major syrien a explicitement averti que toute position des Forces démocratiques syriennes, l’entité dominée par les Kurdes, serait désormais considérée comme une cible légitime. Les autorités kurdes, de leur côté, dénoncent une stratégie d’encerclement et rejettent les accusations de tirs provenant de leurs zones, affirmant que leurs forces de sécurité ne disposent que d’armes légères.

La situation réveille les traumatismes d’une ville meurtrie par des années de conflit. Pour de nombreux Aleppins, ces incidents rappellent les violents combats qui ont ravagé la cité avant sa reprise par les troupes gouvernementales. Les autorités locales ont pris des mesures de précaution, suspendant temporairement les activités aéroportuaires et fermant les établissements scolaires et administratifs.

Ce regain de tensions s’inscrit dans l’échec persistant à appliquer un accord conclu au printemps dernier, qui prévoyait l’intégration des structures administratives kurdes au sein de l’État. Les relations entre le pouvoir central et la minorité kurde, qui contrôle des territoires substantiels dans le nord-est du pays, restent marquées par une profonde méfiance mutuelle quant à l’organisation future de la Syrie. Une responsable kurde de premier plan a récemment appelé au dialogue, tout en accusant Damas de mener une politique hostile à l’encontre de sa communauté.

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