Économie
Dassault réclame la direction exclusive du futur avion de combat européen
Alors qu’une médiation franco-allemande tente de relancer le programme, le constructeur français oppose un refus catégorique à toute cogestion avec Airbus.
Le chef de Dassault Aviation, Éric Trappier, a réaffirmé avec force sa position sur le Système de combat aérien du futur (SCAF). Intervenant lors d’un forum parisien, il a exclu tout partage du leadership industriel dans ce projet destiné à succéder au Rafale et à l’Eurofighter. Cette prise de parole intervient dans un contexte de tensions persistantes avec le consortium Airbus, qui représente les intérêts allemands et espagnols, et alors qu’une mission intergouvernementale tente de trouver un accord d’ici la fin du mois.
« Je ne suis pas un homme de cogestion », a déclaré le dirigeant, soulignant la nécessité d’une direction unique pour un programme de cette ambition. Il a rappelé les exigences opérationnelles françaises, notamment la capacité de l’appareil à opérer depuis un porte-avions, présentant ces critères comme des éléments non négociables. La position de Dassault, qui refuse depuis des mois un rôle de simple partenaire au sein d’une structure collégiale, semble recevoir un écho favorable au plus haut niveau de l’État.
La déléguée générale pour l’armement, Alice Rufo, a apporté son soutien à cette vision en rappelant le savoir-faire historique de l’industrie aéronautique française. Elle a mis en avant la réussite du Rafale, tant sur le plan opérationnel qu’à l’export, tout en reconnaissant la nécessité d’une « reconvergence » des partenaires européens dans un environnement stratégique profondément modifié par le conflit en Ukraine. Elle a également mis en garde contre l’hypothèse, parfois évoquée outre-Rhin, de développer deux avions distincts, une solution qu’elle jugeait contre-productive pour la compétitivité et l’autonomie stratégique du continent.
Éric Trappier a, quant à lui, pointé du doigt les achats par plusieurs partenaires européens de l’Eurofighter d’avions de combat américains F-35, s’interrogeant sur la cohérence de ces décisions avec les ambitions d’une défense européenne intégrée. Lancé en 2017, le programme SCAF est devenu un symbole des efforts de coopération en matière de sécurité entre Paris et Berlin. Les deux capitales ont récemment mandaté une mission de conciliation pour tenter de débloquer les divergences industrielles, le chancelier allemand ayant lui-même reconnu les difficultés du projet tout en affirmant sa détermination à le préserver.
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