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Culture

Jann Gallois, l’art de la danse comme antidote

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La chorégraphe, nouvelle co-directrice de l’Agora à Montpellier, présente « Imminentes », une œuvre où la sororité et la grâce collective répondent aux tensions du monde contemporain.

L’univers chorégraphique de Jann Gallois se construit comme un refuge. À la tête de sa compagnie BurnOut depuis plus d’une décennie, l’artiste puise dans le mouvement une réponse aux fractures de son époque. Sa dernière création, « Imminentes », qui ouvre le festival Suresnes Cité Danse, en est l’illustration. Six interprètes y évoluent dans une symbiose organique, leurs corps entrelacés formant une chaîne ininterrompue de solidarité. Ce qui émerge de cette composition n’est pas une simple performance, mais une forme de sérénité active, une énergie collective déployée avec une générosité palpable.

Pour la chorégraphe, cette démarche est un choix délibéré. Face à un climat social qu’elle perçoit comme durci, elle aspire à proposer une expérience réparatrice, un baume pour le public. Cette intention trouve sa source dans une réflexion philosophique, notamment autour des notions de douceur et de puissance. Le spectacle, porté par une musique électronique aux sonorités chaleureuses, voit les gestes se libérer progressivement, passant de l’unisson à des décalages subtils, dans une recherche de justesse et d’authenticité.

Parcourant un chemin artistique singulier, Jann Gallois a forgé son langage loin des académismes. C’est dans l’espace public, au contact du hip-hop pratiqué aux Halles de Paris à l’adolescence, qu’elle a découvert la discipline. Cette formation informelle lui a insufflé une liberté qui caractérise encore son travail. Elle a ensuite collaboré avec des figures majeures de la chorégraphie, affinant une écriture personnelle où la technique sert avant tout l’expression d’une intériorité, y compris dans ses dimensions les plus vulnérables.

Son approche se nourrit d’influences multiples, allant de la pratique méditative aux sciences physiques, en passant par un apprentissage musical approfondi. Cette curiosité transparaît dans un répertoire éclectique, où chaque pièce explore un territoire distinct, qu’il s’agisse de psychiatrie, de dynamiques de groupe ou de la relation entre l’esprit et le corps.

Récemment nommée à la codirection de l’Agora, cité internationale de la danse de Montpellier, elle partage désormais la responsabilité d’un master de chorégraphie. Elle y défend une pédagogie en prise avec les esthétiques actuelles, des danses urbaines au flamenco contemporain. Pour elle, transmettre consiste avant tout à accompagner l’interprète dans la révélation d’une présence unique, au service d’une émotion partagée. « Imminentes », actuellement en tournée en France, incarne pleinement cette quête d’une danse à la fois exigeante et profondément humaine.

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