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Culture

L’écrivain face à la machine, l’irréductible besoin de fiction

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L’écrivain Pierre Lemaitre, auteur d’une ambitieuse saga sur le XXe siècle, estime que la création romanesque demeure, pour un temps encore, le domaine privilégié de l’humain.

L’intelligence artificielle pourrait-elle un jour égaler l’imagination d’un romancier ? Pour Pierre Lemaitre, dont le nouveau roman paraît ces jours-ci, la réponse est nuancée. Si la technologie est désormais en mesure d’analyser et de reproduire des styles existants, elle ne saurait, selon lui, se substituer à l’invention d’une forme littéraire véritablement neuve. L’auteur souligne la persistance d’une soif de récits que seule la fiction, cette manière ancestrale de décrypter le réel, parvient à étancher.

Cette conviction guide son propre travail. L’écrivain s’est lancé dans un projet d’envergure, une fresque en dix volumes destinée à traverser le siècle dernier. Sept romans ont déjà vu le jour, rencontrant un large public, depuis le prix Goncourt obtenu en 2013 pour « Au revoir là-haut ». Il poursuit son œuvre avec la rigueur d’un artisan, convaincu du pouvoir de séduction des grandes sagas populaires.

Sa méthode consiste à aborder les événements historiques par des angles singuliers, en s’attachant à des faits moins connus. Cette approche, qui avait marqué son roman sur la Grande Guerre, sera reconduite pour la prochaine trilogie. Celle-ci plongera au cœur des années 1970 et 1980, une époque qu’il qualifie de paradoxale, tiraillée entre les difficultés économiques des régions industrielles et l’effervescence culturelle d’une génération.

Pierre Lemaitre n’envisage pas, en revanche, de prolonger son récit jusqu’à notre époque contemporaine. Il juge nécessaire un recul de plusieurs décennies pour pouvoir saisir et restituer la complexité d’une période. Le succès commercial de son entreprise littéraire, attesté par des tirages importants, semble lui donner raison, confirmant l’appétit des lecteurs pour les histoires qui donnent sens au passé.

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