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Washington rompt avec Bogota après une frappe militaire contestée

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L’administration Trump suspend son aide financière à la Colombie tout en intensifiant ses opérations navales dans les eaux caraïbes, accusant le président Petro de complaisance envers le narcotrafic.

Les États-Unis ont procédé à une nouvelle intervention militaire contre un bâtiment suspecté d’appartenir à l’Armée de libération nationale, mouvement insurgé colombien. Cette action, survenue en mer des Caraïbes, a entraîné la destruction du navire et la mort de trois individus à son bord. Elle s’inscrit dans le renforcement récent du dispositif naval américain déployé au large du Venezuela depuis cet été.

Le président américain a simultanément annoncé la suspension des versements financiers consentis à la Colombie, qualifiant son homologue de complice actif de la production de stupéfiants. Dans une déclaration publiée sur les réseaux sociaux, l’occupant de la Maison Blanche a reproché au gouvernement colombien son inaction face au développement des cultures illicites.

La réaction de Bogota ne s’est pas fait attendre. Le chef de l’État colombien a répliqué que son vis-à-vis américain était mal informé par son entourage, tout en prenant soin de distinguer le peuple américain de son dirigeant actuel. Cette passe d’armes verbale intervient alors que la Colombie figurait jusqu’à présent parmi les principaux bénéficiaires de l’aide américaine, avec plus de sept cents millions de dollars alloués l’an dernier.

La moitié de ces fonds était spécifiquement destinée à la lutte antidrogue, le reste soutenant des programmes humanitaires et alimentaires. Le retrait du statut de partenaire privilégié dans ce domaine par Washington prive désormais Bogota de financements substantiels. L’administration américaine justifie cette décision par l’augmentation constatée de la production de cocaïne et l’échec des tentatives de dialogue avec les groupes armés.

Les experts s’interrogent sur la légalité des frappes préventives menées contre des navires suspects sans procédure d’interception préalable. La position colombienne dénonce quant à elle une violation de sa souveraineté maritime, particulièrement après la mort d’un pêcheur lors d’une opération antérieure. Le vice-président américain a pour sa part assumé une approche inflexible, déclarant que le sort des survivants des frappes importait moins que la protection du territoire national.

Cette crise diplomatique survient dans un contexte sécuritaire dégradé pour la Colombie, confrontée à une recrudescence des violences liées au trafic de stupéfiants. Les tentatives de paix engagées avec les groupes armés peinent à aboutir, renforçant les tensions avec une administration américaine qui privilégie désormais les mesures coercitives.

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