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Violeta Chamorro, l’artisane de la paix nicaraguayenne

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Première femme présidente du Nicaragua, elle a réussi l’exploit de réconcilier un pays déchiré par la guerre civile, laissant un héritage politique marquant.

Figure emblématique de l’histoire contemporaine nicaraguayenne, Violeta Chamorro a marqué son époque en devenant la première femme à accéder à la présidence de son pays. Élue en 1990, elle a su imposer une politique de réconciliation nationale après une décennie de violents conflits internes. Atteinte par la maladie d’Alzheimer dans ses dernières années, elle s’est éteinte à l’âge de 95 ans, laissant derrière elle un bilan contrasté mais indéniablement marquant.

Issue d’une famille aisée du sud du Nicaragua, Violeta Chamorro a grandi entre son pays natal et les États-Unis, où elle a poursuivi une partie de ses études. Son engagement politique a pris forme après l’assassinat de son mari, Pedro Joaquín Chamorro, journaliste et opposant farouche à la dictature de Somoza. Ce drame personnel l’a propulsée sur le devant de la scène, d’abord au sein de la Junte de reconstruction nationale en 1979, puis comme directrice du journal *La Prensa*, bastion de la résistance au régime sandiniste.

Son élection en 1990 face à Daniel Ortega a marqué un tournant. À la tête d’une coalition hétéroclite, elle a su capitaliser sur la lassitude d’une population épuisée par la guerre et les difficultés économiques. Son mandat a été marqué par des mesures audacieuses : abolition du service militaire obligatoire, désarmement des milices et réduction drastique des effectifs de l’armée. Ces décisions ont permis de stabiliser un pays au bord de l’effondrement, même si ses réformes libérales ont provoqué de vives tensions sociales.

Critiquée par les sandinistes pour avoir démantelé certaines avancées sociales, Violeta Chamorro a néanmoins réussi à juguler l’hyperinflation et à réduire la dette extérieure. Son départ en 1996, dans le respect de la Constitution, contraste avec la longévité au pouvoir de son ancien rival, Daniel Ortega, dont le régime autoritaire a finalement mis fin aux activités de sa fondation et muselé *La Prensa*.

Femme de conviction, Violeta Chamorro restera dans les mémoires comme celle qui a su ramener la paix dans un Nicaragua meurtri, tout en ouvrant la voie à d’autres femmes en politique. Son héritage, bien que contesté, demeure un chapitre essentiel de l’histoire de son pays.

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