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Économie

Verkor lance sa première gigafactory dans le Nord, un pari industriel dans un contexte européen incertain

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La start-up française inaugure son site d’assemblage de batteries pour véhicules électriques, un projet à 1,5 milliard d’euros destiné principalement au groupe Renault. Cette ouverture intervient alors que la stratégie européenne de transition vers l’électrique fait l’objet de vifs débats.

Le constructeur hexagonal Verkor a officiellement mis en service ce jeudi sa première usine de production de batteries, implantée à Bourbourg, près de Dunkerque. Cette installation, la troisième du genre sur le territoire national, s’inscrit dans le paysage industriel des Hauts-de-France, région désormais surnommée la « vallée de la batterie ». L’événement marque une étape concrète pour cette entreprise créée en 2020, dont le développement est étroitement lié à Renault, actionnaire minoritaire.

L’inauguration s’est déroulée dans un climat de fortes interrogations sur l’avenir de la mobilité électrique en Europe. Les dirigeants de Verkor ont souligné la nécessité d’un soutien politique clair et durable pour consolider une filière encore jeune face à la concurrence internationale. Le cadre réglementaire européen, et notamment l’échéance de 2035 concernant les motorisations thermiques, constitue un enjeu majeur pour la viabilité de ces investissements.

Des représentants du gouvernement étaient présents pour réaffirmer l’engagement français. La ministre de la Transition écologique a plaidé pour une « préférence européenne » assortie de mécanismes de soutien, afin de récompenser les constructeurs qui s’approvisionneraient localement en composants critiques. Le ministre délégué à l’Industrie a quant à lui salué « l’esprit de résistance » incarné par ce projet, symbole selon lui de la réindustrialisation du pays.

Le site de Bourbourg, dont la construction a démarré en 2023, représente un investissement total de 1,5 milliard d’euros, financé pour moitié par des aides publiques. Il est destiné dans un premier temps à l’assemblage de batteries pour les modèles électriques de la marque Alpine et les utilitaires FlexEVan du groupe Renault. L’usine, désormais opérationnelle, doit commencer à commercialiser ses premières celles au début de l’année 2026.

À terme, Verkor ambitionne d’atteindre une capacité de production annuelle permettant d’équiper jusqu’à 300 000 véhicules, un objectif visé autour de 2027. Le site devrait générer environ 1 200 emplois. Il rejoint ainsi deux autres gigafactories déjà en activité dans la région, celles du consortium ACC et du japonais AESC, tandis qu’un projet porté par le taïwanais ProLogium à Dunkerque a été reporté à 2028 pour des raisons techniques.

Cette nouvelle usine constitue un jalon important dans la stratégie industrielle française, mais son avenir reste intimement lié aux décisions qui seront prises au niveau communautaire dans les prochains mois, concernant le cadre réglementaire et les dispositifs d’accompagnement de la filière électrique européenne.

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