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Une trêve fragile permet l’évacuation de civils dans le sud syrien

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Après des violences intercommunautaires meurtrières, un accord temporaire a permis le départ de centaines de familles bédouines de la région de Soueida, sous contrôle druze.

Un calme précaire règne désormais dans la province de Soueida, où un cessez-le-feu a permis l’évacuation de plusieurs centaines de civils pris au piège des affrontements. Selon des observateurs locaux, près de 200 familles bédouines ont quitté lundi les zones de tension pour se réfugier dans la province voisine de Deraa, sous escorte des autorités syriennes. Ces déplacements interviennent après une semaine de combats ayant opposé des groupes druzes à des tribus sunnites, avec l’implication des forces gouvernementales.

Les tensions, qui remontent à plusieurs mois, se sont brutalement intensifiées mi-juillet, entraînant d’importantes pertes humaines. Les bilans, encore provisoires, font état de plus de 1 200 victimes, dont près de 300 civils druzes. Les quartiers résidentiels de Soueida ont particulièrement souffert des violences, avec des témoignages faisant état d’exécutions sommaires et de destructions massives. À l’hôpital principal de la ville, des dizaines de corps non identifiés attendent encore d’être rendus à leurs familles.

Le retrait progressif des combattants bédouins et le déploiement de forces de sécurité aux abords de la ville ont permis une relative stabilisation. Des barrages militaires ont été érigés aux principales entrées de Soueida, où patrouillent désormais des unités régulières. Les premiers convois humanitaires ont pu pénétrer dans la ville, où les habitants manquaient cruellement de vivres et de médicaments.

Cette trêve survient dans un contexte géopolitique complexe, marqué par des négociations indirectes entre Damas et Tel-Aviv. Les frappes israéliennes contre des positions gouvernementales syriennes la semaine dernière avaient visé, selon les déclarations officielles, à protéger la minorité druze locale. Les observateurs soulignent le rôle discret joué par des médiateurs internationaux pour parvenir à cet arrangement temporaire, dont la pérennité reste incertaine.

Sur le terrain, les défis humanitaires demeurent considérables. Plus de 120 000 personnes auraient fui les combats, selon les organisations internationales. Les infrastructures essentielles, notamment les réseaux d’eau et d’électricité, ont été gravement endommagées. Les autorités locales tentent désormais d’organiser le retour des déplacés et la reconstruction, dans une région où les tensions communautaires n’ont pas disparu.

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