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Une renaissance pour les phoques gris de la Baltique

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En Lituanie, un programme de sauvegarde redonne espoir pour cette espèce fragile, menacée par les bouleversements climatiques et les activités humaines.

Neuf phoques gris viennent de retrouver leur milieu naturel au large des côtes lituaniennes, marquant l’aboutissement d’un long travail de réhabilitation. Ces mammifères marins, élevés dans un centre spécialisé du port de Klaipeda, représentent un espoir pour une population autrefois au bord de l’extinction. Les défis restent pourtant immenses, entre réchauffement climatique, pollution et raréfaction des ressources alimentaires.

La disparition progressive de la banquise en mer Baltique constitue l’une des principales menaces. Privés de leur habitat naturel, les phoques sont contraints de se reproduire sur la terre ferme, où les conditions sont bien moins favorables. Les mères, désorientées par la promiscuité, abandonnent fréquemment leurs petits. Ceux qui survivent doivent ensuite affronter les prédateurs, les interactions avec l’homme ou encore les maladies.

Le centre de Klaipeda, inauguré en 2022, joue un rôle crucial dans cette lutte pour la préservation. Les équipes scientifiques y ont développé des méthodes spécifiques pour nourrir et soigner les jeunes phoques avant de les réintroduire en mer. Les premiers succès remontent aux années 1980, lorsque la population était réduite à quelques milliers d’individus, contre plus de 100 000 avant la Seconde Guerre mondiale. La chasse intensive, la surpêche et l’usage de pesticides toxiques avaient alors failli avoir raison de l’espèce.

Si les interdictions successives ont permis une timide reconquête, les obstacles persistent. La morue, ressource essentielle pour les phoques, se fait toujours rare malgré les restrictions de pêche. Par ailleurs, les filets côtiers continuent de piéger accidentellement ces animaux en quête de nourriture. Les biologistes observent néanmoins avec satisfaction que la plupart des phoques relâchés rejoignent des zones plus poissonneuses, comme les eaux suédoises.

Cette opération symbolise à la fois les progrès accomplis et les efforts encore nécessaires. Alors que le nombre de phoques gris en Baltique avoisine désormais les 60 000, leur survie à long terme dépendra de la capacité à préserver leur écosystème. Un défi complexe, où la mobilisation scientifique et les mesures politiques devront aller de pair.

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