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Une loi d’amnistie adoptée au Venezuela pour tourner la page

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Le Parlement vénézuélien a approuvé à l’unanimité un texte visant à libérer des détenus politiques. Cette mesure, attendue depuis des semaines, suscite un soulagement prudent parmi les familles, tandis que des experts en soulignent les limites substantielles.

L’Assemblée nationale a entériné le projet, promulgué dans la foulée par la présidente par intérim Delcy Rodríguez. Cette décision législative intervient dans un contexte de recomposition politique, plusieurs mois après un changement de régime. La cheffe de l’État par intérim a salué un geste d’apaisement, évoquant l’ouverture de nouvelles perspectives pour la vie publique nationale.

Aux abords des centres de détention, où de nombreux proches campaient dans l’attente d’une issue, l’annonce a été accueillie avec une émotion contenue. L’adoption du texte, précédée de plusieurs reports et de négociations jusqu’à la dernière minute, a mis fin à un mouvement de grève de la faim observé devant l’une de ces prisons. Les organisations de défense des droits humains rappellent que si plusieurs centaines de personnes ont été libérées ces dernières semaines, un nombre équivalent reste incarcéré.

Le champ d’application de la loi se révèle cependant restrictif. Le dispositif couvre des événements survenus durant treize périodes précises liées à des manifestations, et non l’ensemble des vingt-sept dernières années. Cette temporalité circonscrite écarte de fait de nombreux dossiers, selon des analystes juridiques qui pointent une persécution politique continue sur la période. Le texte exclut également les individus accusés de crimes graves ou d’avoir soutenu des actions armées contre l’État, une clause qui pourrait concerner des figures de l’opposition.

Le processus de libération demeure soumis à l’examen cas par cas d’une commission et aux décisions ultimes des tribunaux. Cette procédure laisse en suspens le sort de nombreux militaires et policiers détenus. Pour certains observateurs, les lacunes du cadre juridique adopté sont profondes, malgré les appels de la société civile à saisir cette occasion pour instaurer une paix durable.

Parallèlement à cette mesure, les autorités ont engagé une réforme du secteur des hydrocarbures, ouvrant la voie aux investissements privés, et promis une refonte du système judiciaire. Ces initiatives s’inscrivent dans un processus plus large de normalisation des relations internationales du pays.

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