Monde
Un village chrétien de Cisjordanie sous pression face aux violences des colons


Les habitants de Taybeh, communauté historique, dénoncent des agressions répétées tandis que les autorités religieuses et diplomatiques multiplient les visites de soutien.
Au cœur de la Cisjordanie occupée, le village de Taybeh, l’une des dernières localités majoritairement chrétiennes de la région, fait face à une recrudescence de tensions. Ces dernières semaines, des incidents impliquant des colons israéliens ont marqué le quotidien des habitants, allant jusqu’à menacer des lieux de culte séculaires. Une délégation de dignitaires religieux et de représentants diplomatiques s’est rendue sur place pour constater les dégâts et exprimer sa solidarité.
Lors de cette visite, un agriculteur a raconté comment des colons l’empêchaient d’accéder à son élevage de volailles. Non loin de là, les traces d’un incendie récent ont été relevées aux abords de l’église Saint-Georges, un édifice byzantin du Ve siècle. Pour le patriarche latin de Jérusalem, Pierbattista Pizzaballa, la situation illustre un déni de justice criant. « La seule loi en vigueur ici semble être celle du plus fort », a-t-il déclaré.
Les autorités internationales présentes ont rappelé les mesures prises contre certains colons, notamment des sanctions ciblées. Le consul général de France à Jérusalem a souligné l’importance d’enquêtes rigoureuses pour identifier les responsables. Malgré ces déclarations, les habitants restent sceptiques quant à l’efficacité des démarches diplomatiques.
Selon des rapports onusiens, les violences contre les Palestiniens se multiplient en Cisjordanie, avec au moins 27 attaques documentées en une semaine. À Taybeh, les provocations sont devenues monnaie courante, selon le père Bachar Basiel, qui évoque des intrusions répétées et des destructions de terres agricoles. « Jusqu’à quand devrons-nous subir cela ? », interroge-t-il.
L’inquiétude grandit également face à l’exode progressif des familles, découragées par l’insécurité et le manque de perspectives économiques. L’ancien maire du village, Daoud Khoury, déplore l’absence de solutions concrètes pour enrayer cette dynamique. « Sans emplois ni logements, les jeunes partent », constate-t-il.
En marge des discours officiels, certains habitants expriment un sentiment d’abandon. « On a l’impression que notre existence ne pèse pas dans les équilibres internationaux », confie un journaliste local. Dans ce contexte, la question de la pérennité de cette communauté historique se pose avec une acuité croissante.





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