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Un projet d’extension d’élevage de primates suscite la controverse en Provence

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L’annonce du triplement des capacités d’un centre de primatologie du CNRS, destiné à la recherche scientifique, provoque un vif débat entre impératifs de souveraineté nationale et préoccupations éthiques.

Au cœur des Bouches-du-Rhône, dissimulé entre pinède et installations industrielles, un établissement scientifique spécialisé dans l’élevage de primates destinés à la recherche académique prévoit d’importants travaux d’agrandissement. La station de primatologie, gérée par le Centre national de la recherche scientifique, ambitionne de porter sa capacité d’accueil à 1 800 spécimens d’ici 2029, contre environ 600 actuellement. Ce projet, financé par une enveloppe publique de 31 millions d’euros, entend répondre aux besoins nationaux en matière de recherche biomédicale.

Les défenseurs de la cause animale dénoncent une initiative qu’ils jugent anachronique. L’association One Voice estime que cette expansion va à l’encontre des orientations européennes visant à réduire progressivement le recours aux modèles animaux. Elle souligne que près des trois quarts des Français se déclarent opposés à l’expérimentation animale selon une récente enquête d’opinion. Le sénateur écologiste local Guy Benarroche interroge quant à lui la pertinence d’un tel investissement alors que des méthodes alternatives se développent.

La direction du centre justifie cette évolution par des impératifs de souveraineté scientifique. La pandémie ayant drastiquement réduit les importations depuis l’Afrique et la Chine, le coût d’acquisition d’un primate est passé de 15 000 à 20 000 euros. La production nationale permettrait de proposer des animaux à prix coûtant, entre 8 000 et 10 000 euros, tout en garantissant de meilleures conditions d’élevage. Les responsables scientifiques insistent sur le fait que les primates ne sont utilisés que pour la recherche fondamentale et non clinique, au bénéfice d’établissements publics comme l’Inserm ou l’Institut Pasteur.

Sur le terrain, l’établissement héberge plusieurs espèces de singes nés en captivité, dont des babouins et des macaques, répartis dans des enclos dont la surface moyenne dépasse les normes européennes. Si les technologies alternatives progressent, les académies scientifiques nationales rappellent que certains domaines de recherche, comme la cancérologie ou le développement de vaccins, nécessitent encore le recours à des organismes vivants complexes. Ce débat dépasse les frontières provençales, alors que la France compte parmi les pays européens utilisant régulièrement des primates pour ses programmes de recherche.

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