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Culture

Un patrimoine ivoirien retrouve sa terre natale après des décennies d’exil

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_**Une collection majeure d’œuvres et d’archives, rassemblée par un ethnologue allemand, a été officiellement restituée à la Côte d’Ivoire et fait l’objet d’une exposition inédite.**_

Un ensemble remarquable d’objets culturels et de documents visuels est désormais accessible au public ivoirien. Ces pièces, collectées au cours du siècle dernier par le chercheur allemand Hans Himmelheber, viennent d’être rendues à leur pays d’origine. Cette démarche s’inscrit dans un mouvement plus large de retour des biens culturels vers le continent africain, bien que des initiatives de cette ampleur demeurent peu fréquentes.

L’exposition présente une sélection de masques, de sculptures et d’objets du quotidien issus des cultures Sénoufo, Dan, Baoulé et Gouro. Ces œuvres, jadis étudiées et admirées dans les institutions européennes, sont aujourd’hui découvertes par de jeunes visiteurs locaux. L’événement, qui se tient au Musée des Cultures Contemporaines Adama Toungara, s’accompagne de la projection de milliers de photographies et de films documentaires numérisés, offrant un témoignage précieux sur les pratiques artistiques et sociales de l’époque.

Les modalités de cette restitution ont été formalisées dans le cadre d’un accord bilatéral. Les autorités ivoiriennes saluent l’enrichissement que cette collection apporte aux fonds nationaux, permettant une représentation plus complète des différentes aires culturelles du pays. Parallèlement, un travail de médiation a été entrepris dans plusieurs villages, où les archives visuelles ont été présentées aux communautés, suscitant parfois des reconnaissances émouvantes et ravivant la mémoire collective.

L’approche méthodique de Hans Himmelheber, qui s’est toujours attaché à identifier et documenter les artistes derrière les œuvres, a permis de sortir de l’anonymat certains créateurs. Sa démarche a contribué à une appréciation plus nuancée de ces productions, mettant en lumière leur finesse technique et leur dimension esthétique intrinsèque, au-delà de leur seule fonction rituelle ou utilitaire.

Cet événement culturel majeur intervient alors que d’autres processus de restitution concernant le patrimoine ivoirien sont en cours, témoignant d’une dynamique de réappropriation et de revalorisation de l’héritage artistique national.

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