Nous rejoindre sur les réseaux

Monde

Un nouvel intérim présidentiel au Pérou après la destitution de José Jeri

Article

le

Le parlementaire de gauche José Maria Balcazar, âgé de 83 ans, a été élu à la tête du Congrès, une fonction qui lui confère automatiquement la présidence par intérim du pays. Cette nomination survient dans un climat d’instabilité politique persistante, marqué par de fréquents changements à la tête de l’État.

José Maria Balcazar a été désigné président du Congrès de la République à l’issue d’un second tour de scrutin. Cette élection parlementaire lui permet d’assurer la direction du pays jusqu’à l’investiture du prochain chef de l’État, prévue le 28 juillet prochain après la tenue du scrutin présidentiel en avril. L’avocat et ancien magistrat, en poste au Parlement depuis 2021, a obtenu soixante voix, devançant sa concurrente centriste Maria del Carmen Alva.

Son accession à la magistrature suprême par intérim fait suite à la destitution, la veille, de José Jeri. Une motion votée par soixante-quinze parlementaires, un nombre bien supérieur au seuil requis de cinquante-huit voix, a mis fin à son mandat après seulement quatre mois. Les accusations portées contre lui incluaient un manque d’aptitude présumé à exercer ses fonctions, ainsi que l’ouverture de deux enquêtes préliminaires pour trafic d’influence. Dans un message diffusé sur les réseaux sociaux, l’ancien président par intérim a affirmé quitter ses fonctions « le cœur plein et en paix », tout en indiquant son intention de poursuivre son action politique depuis son siège de député.

La personnalité du nouvel intérimaire n’est pas sans susciter des controverses. José Maria Balcazar avait provoqué une vive polémique en 2023 par des déclarations sur les relations sexuelles précoces lors d’un débat parlementaire sur le mariage infantile, des propos alors dénoncés par des organisations de défense des droits des femmes. Il fait par ailleurs l’objet d’une enquête pour appropriation illicite de fonds présumée.

Cette transition illustre la fragilité chronique du pouvoir exécutif péruvien, où le législatif exerce une influence déterminante. Depuis 2016, sur les sept personnalités ayant occupé la présidence, quatre ont été destituées et deux ont démissionné sous la menace d’une procédure similaire. Un seul a pu achever son mandat intérimaire. La prochaine élection présidentielle, qui comptera un nombre record de candidats, se déroulera dans un cadre institutionnel modifié, avec le retour à un Parlement composé de deux chambres.

Click to comment

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Les + Lus