Monde
Un nouveau président péruvien déjà contesté par ses déclarations passées
À peine investi, José Maria Balcazar, porté à la présidence par intérim par le Congrès, voit son parcours et ses prises de position anciennes susciter une vive polémique dans un climat politique déjà très tendu.
L’arrivée au pouvoir de José Maria Balcazar, mercredi 18 février, intervient dans un contexte d’extrême volatilité institutionnelle. Cet octogénaire, avocat et ancien magistrat, succède à José Jeri, dont la présidence intérimaire n’aura duré que quelques heures avant une motion de destitution. Il devient ainsi le huitième chef de l’État en moins d’une décennie, une rotation qui illustre la profonde instabilité qui règne au Pérou.
Dès son élection, des organisations de défense des droits humains et des collectifs féministes ont exprimé une profonde préoccupation. Elles pointent des déclarations faites par le nouveau président en 2023, lors d’un débat parlementaire sur le mariage infantile. À l’époque, il avait estimé que les relations sexuelles précoces pouvaient contribuer au développement psychologique des jeunes filles. Pour la Coordination nationale des droits humains, de tels propos, qui semblent banaliser les violences sexuelles, sont incompatibles avec les fonctions suprêmes.
La controverse ne se limite pas à ses prises de parole. La carrière judiciaire de M. Balcazar est émaillée de plusieurs contentieux. Ancien juge à la Cour suprême, il a été destitué en 2011 pour manquements graves dans l’exercice de ses fonctions. Plus tard, il a été radié du barreau de la région de Lambayeque pour des fautes déontologiques. Une plainte pour corruption le visant par ailleurs dans une affaire impliquant une ancienne procureure.
Sur le plan politique, sa désignation a provoqué des réactions immédiates et contrastées. L’opposition de droite a dénoncé une décision irresponsable, qualifiant la destitution de son prédécesseur de « saut dans le vide ». Des observateurs politiques relèvent que son élection rapide, portée par une majorité parlementaire de gauche, s’est faite sans véritable recherche de consensus, dans un climat de précipitation institutionnelle.
José Maria Balcazar assurera l’intérim jusqu’à la fin du mois de juillet, date prévue pour l’investiture du vainqueur de l’élection présidentielle du 12 avril. Son mandat, aussi bref soit-il, s’annonce sous le signe d’une défiance marquée, tant de la part de la société civile que de franges importantes de la classe politique.
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