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Un hiver de grâce pour Kaboul

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Les premières neiges ont apporté un répit rare aux habitants de la capitale afghane, mêlant joie enfantine à un soulagement face à la pression hydrique croissante.

Les rues de Kaboul se sont métamorphosées en terrain de jeu improvisé. À la faveur des premiers flocons de la saison, enfants et adolescents ont investi l’espace public pour des glissades sur plastique et des batailles de boules de neige. Ces scènes de liesse, capturées en de nombreux selfies familiaux, tranchent avec le quotidien souvent austère de la ville. Pour ses habitants, cet épisode neigeux revêt une signification particulière, au-delà du simple divertissement. Son arrivée tardive cette année avait suscité une inquiétude palpable, beaucoup y voyant un présage nécessaire pour les ressources en eau.

La capitale afghane subit de plein fouet les effets du dérèglement climatique, qui perturbe le cycle hivernal habituel. Traditionnellement enneigée dès décembre, la ville observe un recul préoccupant de ces précipitations vitales. Cette raréfaction menace directement les nappes phréatiques, dont certaines études estiment qu’elles pourraient être épuisées d’ici la fin de la décennie. Déjà, une proportion significative des puits, principale source d’eau potable, se sont asséchés. La neige est donc attendue avec une ferveur qui dépasse l’aspect récréatif, incarnant un espoir de recharge des réserves souterraines.

Cet espoir est partagé par de nombreux résidents, à l’image de ce chef de famille dont le puits familial a cessé de fonctionner l’an passé. Pour lui, comme pour d’autres, le manteau blanc représente une promesse de sécurité hydrique pour les mois à venir. L’épisode a également transformé l’ambiance urbaine. Le trafic habituellement dense et anarchique s’est considérablement apaisé, de nombreux conducteurs ayant renoncé à utiliser leur véhicule. Cette accalmie inédite a permis aux piétons de redécouvrir le paysage urbain sous un jour nouveau, malgré les difficultés de déplacement.

Si ces chutes ont été accueillies avec bienveillance à Kaboul, où elles n’ont causé aucun incident grave, la situation contraste avec celle d’autres régions du pays. Plusieurs provinces ont enregistré des intempéries violentes, neigeuses et pluvieuses, ayant entraîné des pertes humaines et provoqué l’isolement de villages. Les services de secours ont dû intervenir pour assister les populations coupées du monde et les usagers bloqués sur les axes routiers. Cette divergence rappelle la double nature des phénomènes météorologiques dans un pays aux infrastructures vulnérables, où un même événement peut être perçu comme une bénédiction ou un fléau selon la géographie.

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