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Un général prend les rênes de la Guinée-Bissau après un changement de régime

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Le président déchu Umaro Sissoco Embalo a trouvé refuge au Sénégal tandis que le général Horta N’Tam assume la direction du pays, marquant un nouveau chapitre dans l’histoire politique mouvementée de cette nation ouest-africaine.

Les institutions de la Guinée-Bissau connaissent une reconfiguration profonde à la suite des événements survenus cette semaine. Le général Horta N’Tam, précédemment chef d’état-major de l’armée de terre, a été investi jeudi à la tête du Haut commandement militaire pour la restauration de l’ordre. Cette nomination intervient après l’éviction du président Umaro Sissoco Embalo, qui a quitté le territoire national à destination du Sénégal à bord d’un avion affrété par les autorités sénégalaises.

La prise de contrôle par les forces armées a entraîné la suspension du processus électoral en cours, dont les résultats du scrutin présidentiel et législatif du 23 novembre n’ont pas été proclamés. Les nouvelles autorités justifient leur intervention par la nécessité de préserver la stabilité nationale, évoquant la découverte d’un projet de déstabilisation impliquant selon elles des figures liées au trafic de stupéfiants.

La communauté internationale a rapidement réagi à ces développements. L’Organisation des Nations Unies a condamné une rupture du cadre constitutionnel, appelant au rétablissement sans délai des institutions légitimes. Parallèlement, la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest a décidé la suspension immédiate de la Guinée-Bissau de ses instances décisionnelles et dépêché une mission de médiation.

Sur le terrain, la capitale Bissau a présenté jeudi un visage contrasté. Si les artères habituellement animées sont restées désertes sous la surveillance renforcée des forces de sécurité, les nouvelles autorités ont annoncé plusieurs mesures d’apaisement, incluant la levée du couvre-feu, la réouverture des frontières et la reprise des activités scolaires et commerciales.

Cette transition s’inscrit dans une longue séquence d’instabilité politique qui caractérise le pays depuis son indépendance. La Guinée-Bissau, nation de 2,2 millions d’habitants, peine à consolider ses institutions démocratiques dans un contexte marqué par des difficultés économiques structurelles et les défis posés par le narcotrafic.

Le général N’Tam a reconnu la gravité de la situation actuelle, qualifiant cette période de « très difficile » tout en appelant à l’union nationale. Le nouveau pouvoir a par ailleurs procédé à la nomination d’un nouveau chef des armées en la personne du général Tomas Djassi, ancien collaborateur du président déchu.

La classe politique nationale reste divisée face à ces bouleversements. Un candidat à l’élection présidentielle affirme avoir remporté le scrutin et accuse l’ancien chef de l’État d’avoir orchestré les récents événements pour se maintenir au pouvoir. L’opposition traditionnelle, représentée par Domingos Simoes Pereira, se trouve également affectée par des mesures de restriction.

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