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Un général américain à Caracas avant un vote crucial sur les prisonniers politiques

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La visite discrète d’un haut responsable militaire américain au Venezuela précède l’examen parlementaire d’une loi d’amnistie générale, dans un contexte de normalisation fragile entre les deux pays.

Le commandant du Commandement sud des États-Unis, le général Francis Donovan, s’est rendu à Caracas ce mercredi. Il y a rencontré la présidente par intérim, Delcy Rodriguez, ainsi que les ministres de l’Intérieur et de la Défense. Cette visite officielle, confirmée par les deux parties, intervient à la veille d’un débat parlementaire attendu sur un projet de loi visant à amnistier l’ensemble des détenus politiques.

Les autorités vénézuéliennes ont indiqué que les discussions ont porté sur la coopération bilatérale, notamment dans la lutte contre le trafic de stupéfiants, le terrorisme et les flux migratoires. Pour sa part, la cheffe de mission diplomatique américaine sur place a évoqué des échanges destinés à évaluer les questions de sécurité et à poursuivre un alignement des politiques.

Cette démarche s’inscrit dans un processus de rapprochement engagé depuis la prise de fonctions de Delcy Rodriguez, qui a succédé à Nicolas Maduro. Sous la pression internationale, son administration a initié des réformes économiques, notamment l’ouverture partielle du secteur pétrolier aux investisseurs privés, et œuvré à la reprise des relations diplomatiques avec Washington.

Parallèlement, les autorités américaines ont ajouté une sixième compagnie, le français Maurel & Prom, à la liste des entreprises autorisées à opérer dans l’industrie pétrolière vénézuélienne. Cette décision vise à soutenir la relance de la production de brut dans le pays.

Le calendrier politique national est marqué par l’examen, ce jeudi à l’Assemblée nationale, du texte d’amnistie générale. Promis fin janvier, ce projet législatif prévoit la libération de toutes les personnes détenues pour des motifs politiques. Des parlementaires de l’opposition se sont dits optimistes quant à son adoption, tout en rappelant que la majorité absolue détenue par le pouvoir rend son vote incertain.

Des proches de prisonniers ont entamé une grève de la faim devant un centre de détention de la capitale pour réclamer la libération de leurs familles. Elles décrivent leur action comme un ultime recours pacifique face à une situation qu’elles jugent injuste.

Le débat parlementaire avait été reporté la semaine dernière en raison de désaccords sur une clause controversée. Celle-ci conditionnerait l’amnistie à une régularisation de la situation des détenus, une formulation rejetée par une partie de l’opposition qui y voit une forme de reconnaissance de culpabilité. Des divergences persistent donc au sein de l’hémicycle sur les modalités exactes de la mesure.

Selon les estimations d’une organisation de défense des droits humains, plus de six cents personnes seraient toujours incarcérées pour des raisons politiques, malgré plusieurs vagues de libérations récentes. Le vote de jeudi est perçu par certains observateurs comme une étape potentiellement décisive pour tourner la page d’une période de fortes tensions internes.

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