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Un exil sans fin pour les civils de la frontière thaïlando-cambodgienne

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Des milliers de familles, chassées par la reprise des combats, errent à nouveau entre abris de fortune et attente résignée, cinq mois seulement après un précédent exode massif.

Le circuit international de Buriram, dans l’est de la Thaïlande, est habituellement le théâtre de compétitions automobiles. Ces derniers jours, ses installations accueillent une population bien différente. Des centaines de familles, évacuées en urgence à la suite de la reprise des hostilités avec le Cambodge, y ont trouvé refuge sous des tentes. Cette scène rappelle douloureusement celle de juillet dernier, lorsque des dizaines de milliers de personnes avaient déjà dû fuir. Pour beaucoup, c’est un cauchemar qui se répète.

Les tensions frontalières entre les deux pays, qui se disputent depuis des décennies des portions de territoire, avaient connu une accalmie après la signature d’un accord de cessez-le-feu en octobre, parrainé par les États-Unis. Cet apaisement s’est révélé de courte durée. Les affrontements ont repris, contraignant une nouvelle fois les civils à abandonner leurs foyers et leurs moyens de subsistance. L’incertitude et l’épuisement se lisent sur les visages.

Le propriétaire du circuit, qui avait maintenu les infrastructures d’accueil en place depuis le précédent épisode, explique avoir anticipé ce nouvel afflux. À l’abri de la chaleur, les adultes tentent de préserver un semblant de normalité, tandis que les enfants jouent sur l’asphalte du circuit. L’ambiance est celle d’une attente suspendue, loin des champs et des plantations de caoutchouc qui font vivre ces communautés agricoles. Les préoccupations sont immédiates, entre dettes accumulées et inquiétude pour l’avenir.

De l’autre côté de la frontière, en province de Siem Reap, la situation est similaire. Des familles cambodgiennes ont trouvé asile dans l’enceinte de temples bouddhistes, à l’écart des zones de tir. Pour certaines, c’est la troisième évacuation en quelques mois. Le récit est toujours le même, une fuite précipitée au son des bombardements, avec le strict nécessaire, dans des véhicules surchargés. Le sentiment d’insécurité est permanent, et le retour à une vie paisible semble un objectif lointain.

Au-delà des revendications territoriales et des déclarations politiques, ce conflit intermittent use profondément les populations civiles. Leur demande est simple et unanime, la possibilité de vivre sans la menace constante des armes, de travailler leurs terres et d’élever leurs enfants en sécurité. Pour l’instant, cette aspiration légitime reste lettre morte, et l’horizon se limite à survivre, jour après jour, dans l’attente d’une paix durable qui ne vient pas.

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