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Un exécutif enfin formé à Bruxelles après une paralysie historique

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_**La plus longue crise politique de l’histoire de la Belgique s’achève. Après plus de six cents jours d’impasse, une coalition de sept partis a été constituée pour gouverner la région-capitale.**_

Un accord de gouvernement a finalement été conclu ce jeudi à Bruxelles, mettant un terme à une période d’instabilité institutionnelle sans précédent. Cette paralysie, qui durait depuis les élections régionales de juin 2024, avait fini par susciter de vives inquiétudes quant à la gouvernance et à l’image internationale du pays.

L’annonce a été faite en début de soirée par les principaux négociateurs, devant les caméras des télévisions nationales. La nouvelle coalition, d’orientation à la fois sociale et libérale, rassemble sept formations politiques. Elle s’articule autour du Mouvement réformateur, la première force politique francophone de la capitale.

La Belgique est habituée aux longues périodes de négociations post-électorales en raison de son système proportionnel et de sa structure fédérale complexe. Toutefois, la durée de cette dernière crise a battu tous les records, dépassant même l’impasse fédérale de 2010-2011. L’absence d’un gouvernement doté d’un budget a contraint la région à geler de nombreux investissements et subventions, affectant directement les services aux 1,2 million d’habitants.

La situation avait atteint un tel point de blocage que le souverain lui-même s’était publiquement alarmé, fin janvier, des conséquences de cet enlisement. Le Premier ministre fédéral avait pour sa part récemment pointé du doigt les dommages causés à la réputation du pays, appelant à une réforme des institutions.

La fragmentation politique, avec pas moins de quatorze partis représentés au parlement régional, explique en grande partie cette paralysie. Les négociations se sont heurtées à une série de vetos et de conditions posées par les différentes formations. Le déblocage est intervenu après trois jours de discussions intensives entre les deux principaux partis, qui détiennent à eux seuls la majorité des sièges francophones.

La constitution d’une majorité au sein du collège néerlandophone, qui compte dix-sept élus, a constitué un autre défi. Un accord a été trouvé avec plusieurs partis, dont les écologistes de Groen, mais en excluant une nouvelle formation locale accusée de promouvoir le communautarisme. L’entrée en jeu des libéraux flamands d’Anders a été déterminante pour atteindre cette majorité linguistique, après qu’ils aient renoncé à exiger l’inclusion des nationalistes flamands, une condition inacceptable pour les socialistes francophones.

Durant ces vingt mois d’impasse, un collectif citoyen avait régulièrement manifesté pour dénoncer ce qu’il qualifiait d’inaction des responsables politiques. L’immobilisme budgétaire avait en effet mis en grande difficulté de nombreuses associations sociales et culturelles. Un dirigeant politique centriste avait également alerté sur l’endettement croissant de la région, évalué à cent millions d’euros supplémentaires par mois.

Les partis concernés par l’accord gouvernemental doivent à présent le soumettre à l’approbation de leurs instances respectives, une procédure qui a débuté dès jeudi soir pour certains.

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