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Un évêque belge plaide pour l’ouverture du sacerdoce aux hommes mariés

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Face à la crise des vocations et à l’érosion de la crédibilité de l’Église, le prélat d’Anvers estime que le célibat obligatoire n’est plus tenable et appelle à un débat de fond.

L’Église catholique en Belgique, confrontée à une pénurie croissante de prêtres et à une perte de confiance au sein de la société, se voit sommée de reconsidérer l’une de ses règles les plus anciennes. L’évêque d’Anvers, Johan Bonny, a publiquement lancé un appel pour que soit autorisée l’ordination d’hommes mariés. Cette proposition vise à élargir le recrutement sacerdotal dans un contexte où le nombre de clercs ne cesse de diminuer.

Dans son diocèse, le nombre de prêtres actifs est passé de plus de mille cinq cents il y a un demi-siècle à moins d’une centaine aujourd’hui. Cette situation, qualifiée d’insoutenable par le prélat, l’a conduit à interpeller la hiérarchie ecclésiale. Il souligne que des hommes mariés, répondant aux mêmes exigences spirituelles et pastorales que les candidats célibataires, sont déjà présents dans les communautés chrétiennes. Leur exclusion du sacerdoce lui paraît dès lors difficile à justifier.

Le prélat fonde son argumentation sur l’existence, au sein du catholicisme, de rites orientaux qui autorisent déjà cette pratique. Il rappelle que plusieurs prêtres mariés de ces rites exercent dans son diocèse, rendant d’autant plus paradoxale l’interdiction maintenue dans le rite latin. Pour lui, cette distinction n’a pas de fondement théologique majeur, les deux traditions étant pleinement catholiques.

Cette initiative s’inscrit dans le processus de réflexion engagé à la suite du dernier synode, qui doit aboutir à une assemblée mondiale en 2028. L’évêque a indiqué qu’il œuvrerait activement dans les deux prochaines années pour permettre, à titre expérimental, quelques ordinations d’hommes mariés dans sa circonscription. La Conférence des évêques de Belgique a pris acte de sa demande et a annoncé l’ouverture de discussions sur le sujet.

La proposition s’articule autour de plusieurs enjeux. Elle vise d’abord à répondre à la détresse humaine de certains prêtres confrontés à la solitude, en considérant que la vie conjugale pourrait contribuer à un meilleur équilibre personnel. Elle cherche également à restaurer l’image d’une institution ébranlée par les scandales d’abus sexuels, qui ont provoqué une défiance massive et des départs en nombre. Dans ce contexte, le maintien du célibat comme condition unique d’accès au sacerdoce est perçu comme un luxe que l’Église ne peut plus s’offrir.

Connu pour ses prises de position progressistes, l’évêque d’Anvers avait déjà défendu publiquement la bénédiction des couples de même sexe. Son plaidoyer actuel s’appuie sur une conviction, celle que l’institution doit s’adapter aux réalités contemporaines pour retrouver sa vocation pastorale et regagner la confiance des fidèles.

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