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Un ancien eurodéputé britannique emprisonné pour collusion avec Moscou

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La justice londonienne a condamné un ex-parlementaire européen du UKIP à une peine de dix années de réclusion pour avoir monnayé son influence au profit de la Russie. Cette affaire jette une ombre sur son ancien collaborateur Nigel Farage.

L’ancien eurodéputé Nathan Gill a écopé de dix ans et demi d’emprisonnement ce vendredi devant le tribunal de Londres. Les juges ont retenu contre lui huit chefs de corruption pour avoir relayé des positions favorables au Kremlin au Parlement européen entre 2018 et 2019. La magistrate a dénoncé des agissements ayant « érodé la confiance du public dans la démocratie » et constituant « une grave trahison » envers les électeurs.

Élu sous les couleurs du UKIP puis du Brexit Party de 2014 à 2020, Nathan Gill percevait des dizaines de milliers de livres sterling en espèces pour ses interventions publiques. Il s’est notamment fait remarquer en prononçant un discours aligné sur les intérêts russes concernant l’Ukraine, rédigé sur la base de documents fournis par un homme politique ukrainien pro-Moscou. Les investigations ont établi que ses rémunérations provenaient de l’homme d’affaires Viktor Medvedtchouk, proche du pouvoir russe.

Des échanges WhatsApp saisis ont mis en lumière les modalités de cette collaboration. L’élu y évoquait avec son contact Oleg Volochine des « cadeaux de Noël », des « cartes postales » ou encore des versements de « 5K » – en référence aux 5 000 livres sterling ou euros perçus pour chaque service rendu. Le jour même où il recevait les remerciements de « V » – identifié comme Medvedtchouk –, Nathan Gill quittait le Parlement européen dans le contexte du Brexit. Son arrestation est intervenue en septembre 2021 alors qu’il s’apprêtait à embarquer pour la Russie.

Cette condamnation porte un coup à la crédibilité du Reform UK, formation anti-immigration dirigée par Nigel Farage, dont Nathan Gill a dirigé la branche galloise en 2021. Le secrétaire d’État aux forces armées a exigé une enquête indépendante pour vérifier l’absence de liens pro-russes au sein du parti. Le chef des Libéraux-démocrates a qualifié l’ancien élu de « traître » et pointé un « danger pour la sécurité nationale ».

Le porte-parole de Reform UK a condamné des actes « impardonnables » tout en saluant le verdict. Nigel Farage, régulièrement critiqué pour sa complaisance supposée envers Moscou, a affirmé son ignorance totale de ces activités, déclarant n’avoir été informé que des voyages ukrainiens de son ex-collaborateur.

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