Monde
Un an après la disparition de François, la ferveur des fidèles ne faiblit pas à Rome


Le premier anniversaire de la mort du pape argentin a été marqué par des hommages discrets et une piété populaire toujours aussi vive, tandis que son successeur saluait son héritage depuis l’Afrique.
Devant la sépulture de marbre où repose le pape François, les pèlerins se sont succédé tout au long de la journée. Dans la basilique Sainte-Marie-Majeure, des bouquets de fleurs s’amoncelaient près de la pierre tombale, sur laquelle seul le nom latin « Franciscus » est gravé. De nombreux fidèles se sont recueillis, certains les yeux embués, témoignant d’une affection qui demeure intacte douze mois après le décès du pontife.
Laura Tonelli, une Romaine de soixante-neuf ans, confie que son émotion relève moins de la peine que de la reconnaissance. Elle évoque un guide spirituel qui savait relever sans jamais condamner, à l’image d’un père. Cette ferveur se mesure aux files d’attente quotidiennes devant le lieu de sépulture, devenues encore plus importantes à la date anniversaire. Pour beaucoup, l’attachement à la figure de Jorge Bergoglio reste profond, au point que certains visiteurs, comme Carolina Alberi, une Argentine, avouent se sentir plus proches de leur ancien compatriote que du souverain pontife actuel.
Le pape Léon XIV, en déplacement en Guinée équatoriale, a tenu à rendre hommage à son prédécesseur. Il a salué un homme qui « a tant donné à l’Église », par son témoignage, ses paroles et ses actes, soulignant son engagement constant auprès des plus démunis, des malades et des personnes âgées. De son côté, la cheffe du gouvernement italien a rappelé que le message de François avait touché bien au-delà des cercles catholiques, notamment par son insistance sur la paix, le souci des plus fragiles et la responsabilité envers autrui.
La disparition du pape François, survenue le lendemain de Pâques l’an dernier à l’âge de quatre-vingt-huit ans, avait marqué la fin d’un pontificat de douze années. Réformateur charismatique, il avait conduit l’Église catholique avec un style direct et un accent pastoral marqué, rompant avec certaines rigidités perçues. Son choix d’être inhumé à Sainte-Marie-Majeure, et non dans la crypte de la basilique Saint-Pierre, avait symbolisé cette volonté de simplicité.
Cet anniversaire intervient dans un contexte où les relations entre le Saint-Siège et certaines capitales, notamment Washington, traversent une phase de tensions. Les récentes prises de position du pape Léon XIV sur les conflits internationaux ont suscité des réactions vives, que le pontife s’est efforcé d’apaiser en précisant le cadre de ses interventions.
Pour les fidèles rassemblés devant la tombe, ces considérations semblent lointaines. Ils retiennent avant tout l’image d’un pasteur accessible, dont la proximité demeure palpable. Comme le résume une pèlerine, beaucoup conservent le sentiment d’avoir été personnellement accompagnés, portés par une bienveillance qui, un an après sa mort, continue de résonner. Une messe commémorative devait être célébrée en soirée dans la basilique, pour honorer la mémoire de celui que beaucoup considèrent encore comme un père spirituel.





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