Monde
Le pape Léon XIV en Guinée équatoriale, un appel à la justice dans un État autoritaire
Lors de la première journée de sa visite dans ce pays pétrolier fermé, le souverain pontife a invité les autorités à se mettre « au service du droit ». Un message délivré avec mesure face à un régime au pouvoir depuis plus de quatre décennies.
Le pape Léon XIV a entamé, mardi, la dernière étape de sa tournée africaine par la Guinée équatoriale. À son arrivée à Malabo, il a été accueilli par le président Teodoro Obiang Nguema, qui dirige le pays d’une main de fer depuis 1979. Dans son premier discours au palais présidentiel, le pontife a appelé les dirigeants à réévaluer la position internationale de la nation en plaçant la justice et le respect du droit au cœur de leur action.
Il a souligné que la convoitise pour les ressources énergétiques et minières alimentait trop souvent les conflits, au détriment du droit international et de la souveraineté des peuples. Cet avertissement résonne particulièrement dans un État où l’économie repose largement sur les hydrocarbures, lesquels représentent près de la moitié de la richesse nationale et l’essentiel des exportations. Les recettes pétrolières profitent majoritairement à une étroite élite, tandis qu’une large part des habitants vit dans la précarité.
Le chef de l’Église catholique a également pointé l’aggravation des inégalités, évoquant l’écart abyssal séparant une infime minorité de la population de la grande majorité. Un constat dressé en présence du vice-président Teodorin Obiang, connu pour son train de vie fastueux et précédemment condamné en France pour des malversations financières. La visite du pape oblige à une navigation subtile, entre le soutien aux fidèles – les catholiques composant environ 80% de la population – et la volonté de ne pas apparaître comme un soutien à un régime régulièrement critiqué pour son autoritarisme et ses atteintes aux libertés fondamentales.
Après cette rencontre officielle, Léon XIV a parcouru à pied le centre de Malabo, salué par des centaines de personnes. Cette marche rappelle celle effectuée quarante-quatre ans plus tôt par Jean-Paul II, premier pape à s’être rendu dans ce pays. Plus tôt dans la journée, lors de son vol vers la capitale, le pontife avait rendu hommage à son prédécesseur, le pape François, disparu un an auparavant jour pour jour, louant son engagement en faveur des plus démunis.
Sur le marché Semu, les réactions des commerçants à cette visite historique étaient partagées. Si certains espèrent en tirer un bénéfice, d’autres, comme une vendeuse de tomates, doutent que la présence du pape puisse infléchir les priorités d’une classe dirigeante souvent accusée de s’enrichir au détriment du bien-être collectif. Des craintes sont également exprimées quant au coût financier de l’événement pour les citoyens, une préoccupation relayée par le principal parti d’opposition autorisé.
Un jeune militant du parti au pouvoir a, à l’inverse, salué une « bénédiction divine » transcendant les clivages. Le programme de mercredi prévoit pour le pape des déplacements à Mongomo, berceau de la famille présidentielle, puis à Bata, la capitale économique du pays, marquant une nouvelle journée chargée de cette visite aux multiples enjeux.
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