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Culture

Ugo Bienvenu, des planches aux Oscars, le parcours singulier d’un créateur sincère

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_**Le réalisateur français, en lice pour la statuette du meilleur film d’animation avec « Arco », confie son rapport ambivalent aux récompenses et défend une vision humaniste du cinéma.**_

La trajectoire d’Ugo Bienvenu prend une tournure remarquable. Son premier long-métrage d’animation, « Arco », sélectionné pour les Oscars, propulse l’auteur de bande dessinée sur la scène internationale. Cette reconnaissance intervient alors que l’artiste avoue une certaine réserve face aux honneurs, estimant que les distinctions peuvent devenir un fardeau pour la création future. Il privilégie avant tout la liberté nécessaire à l’invention.

Le film, couronné au Festival international du film d’animation d’Annecy, déploie une fable écologique d’une grande poésie. Il met en scène la rencontre entre Arco, un enfant venu d’un futur harmonieux, et Iris, une petite fille confrontée aux dérèglements climatiques de l’année 2075. À travers cette amitié, le récit esquisse, sans manichéisme, deux destinées possibles pour l’humanité.

Le réalisateur assume pleinement cette approche. Il revendique la nécessité de parler vrai aux jeunes spectateurs, sans occulter les réalités du monde contemporain, mais en insufflant un message d’espoir. Cette volonté de « générer de la lumière » marque une évolution dans son travail, qu’il attribue en partie à son expérience de la paternité, l’éloignant du cynisme de certaines de ses œuvres antérieures.

Le projet a pourtant dû surmonter des réticences initiales, notamment l’absence d’un antagoniste traditionnel dans son scénario. Pour convaincre, Ugo Bienvenu a investi ses propres ressources dans la production d’une première version animée, qui a finalement emporté l’adhésion de producteurs, dont la société de l’actrice américaine Salma Hayek.

Réalisé intégralement à Paris avec un budget modeste, « Arco », œuvre entièrement en deux dimensions au graphisme envoûtant, est aussi un plaidoyer pour l’animation française. Son créateur espère démontrer que l’ambition et la sincérité narrative peuvent prévaloir sur les seules considérations budgétaires. Le parcours du film, de sa conception à sa consécration, illustre cette conviction.

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