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Trump érode méthodiquement les contre-pouvoirs américains

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Le président américain multiplie les initiatives pour concentrer l’autorité entre ses mains, au détriment des institutions traditionnellement indépendantes.

Depuis son retour à la Maison Blanche, l’actuel locataire de la résidence présidentielle a systématiquement renforcé l’emprise de l’exécutif sur des organes conçus pour fonctionner en autonomie. Cette stratégie, qualifiée d’inédite par plusieurs observateurs, soulève des inquiétudes quant à l’équilibre des pouvoirs aux États-Unis.

Le législatif, pourtant dominé par le parti du président, apparaît comme le premier affecté par cette dynamique. Les élus républicains alignent majoritairement leurs votes sur les directives venues de la Maison Blanche, sous la menace explicite de représailles électorales en cas de dissidence. Ce phénomène affaiblit considérablement le rôle de contrepoids dévolu au Congrès par la Constitution.

Parallèlement, le recours aux décrets présidentiels a atteint un niveau sans précédent. Plus de 170 textes ont été promulgués en six mois, dépassant le total du mandat complet du prédécesseur démocrate. Cette pratique permet de contourner les délais et les débats parlementaires, concentrant davantage l’initiative politique entre les mains de l’exécutif.

Certaines agences fédérales, comme celle chargée de la sécurité des produits de consommation, ont également subi des tentatives d’ingérence directe. Le limogeage de responsables nommés par l’administration précédente, bien que temporairement bloqué par la justice, illustre cette volonté de contrôle accru.

La magistrature fédérale demeure l’un des derniers remparts, mais son pouvoir a été limité par une récente décision de la Cour suprême. Cette instance, dont la majorité des membres ont été nommés par le président actuel ou ses alliés politiques, tend à renforcer plutôt qu’à tempérer les prérogatives présidentielles.

La Banque centrale fait désormais l’objet d’attaques répétées, le chef de l’État n’hésitant pas à remettre publiquement en cause son indépendance. Ces prises de position, contraires aux usages établis, témoignent d’une conception élargie des prérogatives présidentielles.

Des analystes soulignent que cette accumulation de pouvoir sans équivalent dans l’histoire récente pourrait trouver sa limite lors des prochaines élections législatives. Cependant, la perspective de devoir compter sur le seul calendrier électoral pour rétablir les équilibres institutionnels suscite des réserves parmi les experts du système politique américain.

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