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Faits Divers

Trois jeunes gendarmes devant la justice pour trafic d’influence

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Deux hommes et une femme, âgés de 20 à 27 ans, ont comparu pour avoir monnayé l’accès à des fichiers de police. Ils ont invoqué des fins de mois difficiles et une forme d’aveuglement.

Devant le tribunal correctionnel de Pontoise, trois jeunes membres de la gendarmerie ont dû répondre de faits de corruption. Leurs parcours, marqués par une dérive rapide, illustrent une compromission de l’autorité publique pour des gains financiers souvent modestes. Le ministère public a requis à leur encontre des peines allant jusqu’à trois ans d’emprisonnement ferme, assorties d’amendes et d’une interdiction définitive d’exercer dans la fonction publique.

L’affaire trouve son origine dans des investigations menées à l’été 2025. Les enquêteurs ont découvert qu’un gendarme adjoint volontaire, affecté à Domont, avait procédé à des centaines de levées d’immobilisations de véhicules contre rémunération. Une fois recruté comme policier municipal à Saint-Denis, il aurait persisté dans ses agissements et convaincu un jeune collègue de l’imiter. Les sommes perçues, parfois importantes pour l’un d’eux, contrastent avec les motivations initiales évoquées, liées à des difficultés pécuniaires ou au désir d’aider sa famille.

Lors des audiences, les prévenus ont exprimé leur honte et leur regret, reconnaissant avoir trahi la confiance de l’institution. L’un d’eux a décrit un engrenage, soulignant que les personnes auxquelles il rendait service détenaient un moyen de pression sur lui. Une autre a simplement déclaré ne pas avoir perçu la gravité de ses actes, y voyant un moyen d’arrondir ses fins de mois. Leurs avocats ont plaidé l’immaturité et la pression exercée par des corrupteurs présumés, dont deux comparaissaient également en détention.

Le dossier, volumineux, a mobilisé l’Inspection générale de la gendarmerie nationale. La procureure a insisté sur l’incompatibilité absolue entre de tels agissements et l’exercice de la fonction publique, estimant qu’un gendarme qui se livre à ces pratiques n’y avait aucune place. Le tribunal a mis en délibéré sa décision, qui statuera sur la responsabilité pénale et professionnelle de ces jeunes gens dont la carrière s’est brisée prématurément.

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