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Tensions frontalières entre le Cambodge et la Thaïlande, un conflit qui s’enlise

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Les hostilités se poursuivent sans relâche le long de la frontière commune, engendrant un lourd bilan humain et des déplacements de population massifs, tandis que les déclarations de cessez-le-feu se heurtent à la réalité du terrain.

Les forces armées du Cambodge et de la Thaïlande maintiennent un engagement militaire soutenu sur leur ligne de démarcation, entamant ainsi la deuxième semaine d’affrontements. Les autorités des deux nations font état de pertes civiles et militaires, tandis que le nombre de personnes contraintes de quitter leurs foyers avoisinerait les huit cent mille. Les témoignages recueillis dans les zones affectées illustrent l’angoisse des populations prises au piège de cette escalade.

De part et d’autre, les accusations de provocations et de tirs délibérés sur des zones habitées fusent, chaque camp rejetant la responsabilité du déclenchement des hostilités. La fermeture unilatérale des points de passage par Phnom Penh a notamment isolé de nombreux travailleurs migrants, séparant des familles et créant des situations de grande précarité. L’inquiétude est palpable parmi ces communautés, confrontées à l’impossibilité de regagner leur domicile ou de rejoindre les leurs.

La situation sur le terrain semble contredire les annonces diplomatiques faites à l’étranger. Après des communications évoquant une possible trêve, les autorités thaïlandaises ont formellement démenti tout accord de cessation des combats. Les bombardements et échanges d’artillerie se sont poursuivis durant le week-end, selon les comptes-rendus militaires officiels. Pour tenter de contenir la crise, un couvre-feu a été instauré dans certains districts thaïlandais frontaliers.

Ce regain de violence s’inscrit dans un contentieux territorial ancien, centré sur la souveraineté de zones abritant des vestiges de l’ère khmère. Une délimitation frontalière datant de l’époque coloniale reste source de litiges récurrents. Déjà, au cours de l’été, un épisode similaire avait causé des pertes importantes et provoqué d’importants mouvements de population, avant qu’une médiation internationale ne permette un apaisement temporaire. Un accord conclu à l’automne sous auspices étrangers est aujourd’hui considéré comme caduc, chaque incident local risquant de rallumer les hostilités.

Sur place, la vie s’organise tant bien que mal dans des camps de fortune, où les récits des évacués traduisent lassitude et anxiété. L’incertitude quant à l’avenir immédiat pèse lourdement, tant sur les civils que sur les soldats déployés. Certains habitants, refusant de quitter la zone, tentent par des moyens artistiques de documenter et d’exorciser le conflit qui façonne désormais leur quotidien, peignant sur les murs des abris les symboles de cette réalité guerrière.

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