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Service militaire au Cambodge : une jeunesse entre devoir national et inquiétudes

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La mesure, effective dès 2026, suscite des réactions contrastées parmi les jeunes Cambodgiens, partagés entre patriotisme et craintes pour leur avenir.

L’annonce du gouvernement cambodgien concernant la mise en œuvre du service militaire obligatoire à partir de l’année prochaine a provoqué un débat au sein de la population, particulièrement parmi les jeunes. Ce dispositif, prévu par une loi adoptée en 2006 mais restée lettre morte jusqu’à présent, concerne les citoyens âgés de 18 à 30 ans. Le Premier ministre Hun Manet a précisé que la durée du service serait de deux ans, sans toutefois dévoiler le nombre exact de conscrits attendus.

Si certains se déclarent prêts à servir leur pays, d’autres expriment des réserves, notamment en raison des contraintes économiques et personnelles. Ray Kimhak, étudiant en design graphique, se dit enthousiaste à l’idée de rejoindre les rangs de l’armée, inspiré par l’exemple de son beau-frère, déjà en poste près de la frontière thaïlandaise. « Protéger notre territoire est une priorité », affirme-t-il. À l’inverse, Oeng Sirayuth, jeune informaticien de 18 ans, espère pouvoir reporter son incorporation le temps de terminer ses études.

La décision du gouvernement intervient dans un contexte de tensions frontalières récurrentes avec la Thaïlande, où des incidents armés ont récemment éclaté. Ces frictions, liées à des divergences sur le tracé de la frontière, ont ravivé les discussions sur la nécessité de renforcer les effectifs militaires. Le Cambodge, dont près d’un tiers de la population a moins de 24 ans, mise sur cette jeunesse pour moderniser son armée, qui compte actuellement 200 000 soldats.

Toutefois, des voix s’élèvent pour demander des garanties sur les conditions de service et la transparence du processus. Certains redoutent que les plus défavorisés soient les premiers touchés, comme Voeun Dara, chauffeur de tuk-tuk, qui craint pour la stabilité financière de sa famille. D’autres, à l’instar de Leakhena, employée dans une entreprise de télécommunications, voient dans cette mesure une opportunité d’acquérir des compétences utiles, notamment en matière d’autodéfense.

Les femmes, bien que concernées par la conscription, auront la possibilité de choisir un engagement volontaire. Malgré les divisions, une majorité de jeunes interrogés reconnaissent l’importance de défendre la nation, tout en appelant à des réformes structurelles pour améliorer les conditions au sein de l’armée. La question reste désormais de savoir comment concilier ces aspirations avec les impératifs sécuritaires du pays.

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