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Politique

Sénégal. Le nouveau pouvoir accusé d’asphyxier la liberté d’expression

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À peine installée, l’équipe au pouvoir est confrontée à des accusations de durcissement autoritaire. Malgré des promesses de rupture, les pratiques répressives persistent, selon plusieurs observateurs.

La situation des libertés publiques suscite de vives préoccupations au Sénégal, où le gouvernement issu de l’élection présidentielle de mars 2024 est accusé de reproduire les méthodes répressives de l’ancien régime. Plusieurs journalistes et opposants ont fait l’objet de poursuites judiciaires pour des motifs liés à l’expression publique, dans un contexte où les espoirs de changement s’amenuisent.

Le cas du journaliste Doudou Coulibaly, condamné à trois mois de prison avec sursis pour « offense » envers le Premier ministre Ousmane Sonko, illustre cette tendance. Son interpellation fait suite à une vidéo dans laquelle il critiquait la diplomatie sénégalaise. D’autres voix médiatiques, comme Bachir Fofana ou Badara Gadiaga, ont également été sanctionnées pour diffusion de « fausses nouvelles » ou atteinte aux représentants de l’État.

Pourtant, l’actuel chef de l’État, Bassirou Diomaye Faye, et son Premier ministre, Ousmane Sonko, avaient eux-mêmes été emprisonnés sous le mandat de Macky Sall. Leur accession au pouvoir était perçue comme une promesse de démocratisation après des années de tensions politiques et de violences lors des manifestations.

Les défenseurs des droits humains pointent du doigt le maintien d’un arsenal juridique hérité de l’ère précédente, qui permet des incriminations larges et des détentions préventives abusives. La Ligue sénégalaise des droits humains et Amnesty International appellent à une réforme en profondeur des codes pénal et de procédure pénale.

L’opposition et certaines figures de la société civile dénoncent une volonté délibérée de réduire l’espace critique. Les récentes nominations au ministère de la Justice et de l’Intérieur de proches du Premier ministre n’ont fait qu’accroître ces craintes. Malgré les demandes répétées d’éclaircissements, le gouvernement n’a pour l’instant pas apporté de réponse publique à ces accusations.

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