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Politique

Sébastien Lecornu établit un record de latence gouvernementale sous la Ve République

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Le Premier ministre désigné dépasse désormais le délai de formation d’un exécutif détenu jusqu’alors par Michel Barnier. Cette période d’attente, marquée par d’intenses tractations politiques, illustre les défis posés par un Parlement sans majorité claire.

Investi le 9 septembre, Sébastien Lecornu n’a toujours pas dévoilé la composition de son gouvernement après treize jours de consultations. Ce laps de temps dépasse le précédent record établi en 2024 par Michel Barnier, qui avait attendu neuf jours avant d’annoncer son équipe. L’actuel locataire de Matignon poursuit des discussions avec les partenaires sociaux ainsi qu’avec le Parti socialiste, cherchant à obtenir des garanties de stabilité parlementaire.

La stratégie adoptée semble consister à ne pas précipiter les annonces, afin de préserver une marge de manœuvre face aux différents groupes politiques. Un élu de la majorité présidentielle souligne que l’absence de fuites concernant les noms pressentis complique la tâche des oppositions. La composition du futur cabinet s’avère en effet déterminante pour éviter une motion de censure, qui a renversé les deux précédents gouvernements.

Du côté des Républicains, certains s’inquiètent de cette prolongation des négociations, rappelant que la Constitution française n’est pas compatible avec une vacance prolongée du pouvoir exécutif. La date butoir du 7 octobre, échéance légale pour le dépôt du projet de loi de finances, ajoute une pression supplémentaire. Il est généralement admis que le gouvernement devra être constitué avant cette présentation budgétaire, sous peine d’adopter une posture institutionnellement fragile.

La suite des événements devrait donc se jouer dans les quinze prochains jours, période durant laquelle Sébastien Lecornu devra impérativement conclure les arbitrages et proposer une équipe ministérielle. L’enjeu est de taille, puisqu’il s’agit à la fois de rassurer les marchés, d’apaiser le jeu parlementaire et d’engager les réformes promises, dans un contexte politique des plus tendus.

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