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Reconstruction après l’exil, le défi des migrants de retour en Côte d’Ivoire

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Après des parcours migratoires interrompus, des Ivoires bâtissent de nouvelles existences dans leur pays natal. Leur réinsertion économique et sociale illustre les défis du développement local.

À Daloa, ville-carrefour du centre ivoirien, des voix témoignent d’itinéraires marqués par l’épreuve. Marie Godo présente avec fierté les cosmétiques qu’elle commercialise désormais, une activité génératrice de revenus qui lui a permis d’acquérir un logement plus spacieux. Son séjour de douze années en Tunisie s’est achevé sur un constat d’échec, mais cette quadragénaire a su rebâtir son existence grâce à un accompagnement associatif. Comme elle, de nombreux nationaux ayant tenté l’aventure migratoire retrouvent aujourd’hui leur terre d’origine, souvent après des expériences douloureuses.

La région connaît pourtant une croissance économique soutenue, mais celle-ci peine à absorber une main-d’œuvre jeune en quête d’opportunités durables. Les programmes de réinsertion se multiplient, combinant appui à l’entrepreneuriat et sensibilisation aux risques de l’exil clandestin. Mohamed Badini, propriétaire d’un salon de coiffure après des années d’errance au Maghreb, incarne cette dynamique de reconstruction. Son établissement lui procure désormais des revenus stables, le convainquant que l’avenir se joue ici plutôt qu’au péril des routes incertaines.

Les enjeux dépassent la seule dimension économique. Lassiné Bamba, sociologue, souligne l’importance cruciale de l’emploi formel dans le processus de réintégration. L’accès à la protection sociale et aux services bancaires participe à la stabilisation psychologique des personnes de retour. Les structures d’accompagnement insistent sur la nécessité d’informer les candidats au départ, sans pour autant décourager les mobilités légales. Claude Tanoh, responsable associatif et ancien migrant, milite pour une approche réaliste des migrations, conjuguant droit à la mobilité et conscience des risques.

Pourtant, tous ne connaissent pas un parcours aussi positif. Certains survivent avec des revenus dérisoires, d’autres envisagent déjà un nouveau départ. La pression sociale et les attentes familiales pèsent lourd dans ces choix de vie. Le défi reste entier créer les conditions d’un développement capable de retenir les forces vives tout en accompagnant celles qui reviennent.

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