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Pugad, l’île philippine qui sombre inexorablement sous les eaux

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Les habitants de cette petite île de l’archipel subissent une érosion accélérée de leur territoire, contraints de s’adapter à un environnement de plus en plus hostile.

Chaque matin, une habitante de l’île de Pugad entame une lutte épuisante contre l’eau salée qui envahit quotidiennement son logis. Armée d’une simple pelle, elle tente de repousser l’avancée de la mer, devenue une routine inévitable depuis que les marées hautes submergent régulièrement les rues du village. Cette scène se répète dans la quasi-totalité des foyers de cette localité côtière de la province de Bulacan, où près de 2 500 personnes vivent sous la menace permanente de la montée des eaux.

L’affaissement des sols, phénomène connu sous le nom de subsidence, atteint ici un rythme alarmant de onze centimètres par an, le plus élevé jamais enregistré aux Philippines. Selon les experts, cette situation résulte principalement d’une exploitation excessive des nappes phréatiques, aggravée par l’élévation du niveau de la mer liée au changement climatique. Les marées inondent désormais les artères du village au moins trois fois par semaine, contraignant la population à réorganiser intégralement son mode de vie.

Les établissements scolaires ont modifié leurs horaires en fonction des cycles maritimes pour protéger les enfants des risques sanitaires. Les commerces ont surélevé leurs étals et de nombreuses habitations ont été juchées sur pilotis. Malgré ces adaptations, les perspectives restent sombres. Les travaux de rehaussement des routes, bien que réguliers, ne suffisent plus à contenir les flots, qui peuvent monter jusqu’à un mètre cinquante lors des épisodes les plus sévères.

Les autorités locales reconnaissent l’absence de planification à long terme, freinée par l’instabilité politique et le manque de moyens. Une étude gouvernementale est en cours, mais ses conclusions ne sont pas attendues avant plusieurs années. En attendant, les familles comme celle de Maria Tamayo épuisent leurs économies dans d’incessants travaux de surélévation, sans garantie de résultat.

Si certains habitants songent à quitter les lieux, beaucoup estiment n’avoir nulle part où aller. La pêche et le petit commerce restent leurs seules sources de revenus, inexistantes ailleurs. Selon les scientifiques, inverser le phénomène de subsidence nécessiterait une régulation stricte des prélèvements d’eau souterraine. Mais sans une réduction massive des émissions mondiales de gaz à effet de serre, l’élévation du niveau de la mer se poursuivra, condamnant à terme ces territoires vulnérables.

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