Monde
Philippines : un scrutin brûlant sous le signe des rivalités dynastiques


Les électeurs se rendent aux urnes dans une atmosphère surchauffée, alors que le duel entre le président Marcos Jr et sa vice-présidente Sara Duterte domine le paysage politique.
Les bureaux de vote ont ouvert leurs portes aux Philippines dans un contexte de tensions exacerbées entre les deux figures emblématiques du pouvoir. Le président Ferdinand Marcos Jr et sa vice-présidente Sara Duterte, autrefois alliés, s’affrontent désormais ouvertement, transformant ces élections de mi-mandat en un véritable test de force. La chaleur étouffante, avoisinant les 34°C dans certaines régions, complique le processus électoral, avec des machines en surchauffe et des bulletins collants retardant les opérations de dépouillement.
Au-delà des enjeux locaux, l’attention se porte sur le Sénat, dont la composition déterminera l’issue du procès en destitution visant Sara Duterte, prévu pour juillet. Accusée de corruption et de complot contre Marcos Jr, elle risque l’exclusion de la vie politique. Pour se maintenir, elle devra rallier neuf sénateurs sur les vingt-quatre que compte la chambre haute. Les alliances se dessinent déjà : sur les douze favoris pour les sièges sénatoriaux, sept sont soutenus par le président, tandis que quatre, dont sa propre sœur Imee Marcos, penchent pour Duterte.
Les relations entre les deux clans, déjà tendues, ont atteint un point de rupture après des accusations publiques. En novembre dernier, la vice-présidente avait évoqué, lors d’une conférence de presse, un ordre de tuer Marcos Jr en cas d’attentat contre elle. Une déclaration qu’elle a ensuite qualifiée de simple expression de frustration, mais qui a jeté de l’huile sur le feu.
La campagne électorale a été marquée par des accusations de fraude et des violences. Sara Duterte a dénoncé des manœuvres frauduleuses à grande échelle, tandis que son père, l’ancien président Rodrigo Duterte, incarcéré à La Haye pour crimes contre l’humanité, brigue malgré tout un mandat local à Davao. Les tensions se reflètent sur le terrain : fusillades, arrestations pour corruption et affrontements entre partisans ont émaillé la période pré-électorale, faisant plusieurs morts.
Pour les électeurs, comme Roland Agasa, interrogé devant un bureau de vote à Manille, cette atmosphère délétère rend le scrutin anxiogène. « Le gouvernement devient stressant », confie-t-il, espérant que les urnes porteront au pouvoir des dirigeants capables de redresser le pays. Entre chaleur accablante et rivalités explosives, ces élections pourraient bien sceller l’avenir politique des Philippines pour les années à venir.





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