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Culture

Përmet, l’écrin albanais où la rose règne en maîtresse

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Au cœur des Balkans, cette cité millénaire perpétue un héritage floral unique, mêlant traditions culinaires, artisanales et médicinales.

Niché dans la vallée de la Vjosa, le bourg de Përmet vit au rythme des roses. Ici, chaque pétale raconte une histoire, chaque buisson dissimule un trésor. Les habitants, gardiens d’un savoir-faire ancestral, transforment cette fleur en élixirs, douceurs et remèdes, attirant chaque année des visiteurs avides d’authenticité.

La « rose du marié », variété locale au parfum envoûtant, occupe une place centrale dans la vie des Permetiotes. Symbole d’amour et de fidélité, elle s’offre pour déclarer sa flamme, mais se cultive surtout avec une dévotion quasi religieuse. Dans les jardins familiaux, des centaines de rosiers – dont la fameuse Rosa Damascena – fleurissent sous un soleil généreux, donnant naissance à une eau de rose réputée dans toute la région.

Sa fabrication relève d’un rituel immuable : cuivre, cendres et pierres plates s’assemblent comme les pièces d’un puzzle alchimique. Les femmes, véritables prêtresses de ce processus, surveillent des heures durant la condensation des pétales pour n’en recueillir que l’essence la plus pure. « C’est un don qui ne se vend pas, mais qui se partage avec parcimonie », confie une artisane, caressant du doigt un flacon doré par la lumière.

L’usage de cette essence dépasse largement la parfumerie. Apaisante pour les yeux irrités, adoucissante pour les peaux sensibles, elle entre aussi dans la composition de confitures et surtout des fameux loukoums. Eftali, maître-confiseur, sculpte ces pâtes d’amande en forme de roses ou de petits pieds – porte-bonheurs offerts aux nouveau-nés. Son atelier, embaumé d’effluves sucrés, produit jusqu’à dix kilos quotidiennement, vendus comme des gourmandises porteuses de vœux.

Avec l’afflux estival, Përmet se pare de ses plus belles couleurs. Les touristes, après avoir admiré les gorges spectaculaires de la Vjosa, succombent aux délices rosés. « Elle incarne tout ce que nous chérissons : passion, résilience et douceur de vivre », murmure une habitante en effeuillant délicatement une corolle. Dans cette ville où la nature et la culture s’entrelacent, la rose n’est pas qu’une fleur – elle est l’âme d’un peuple.

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