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Ouganda, un scrutin sous silence numérique

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_**À deux jours du vote, les autorités ordonnent une suspension totale des connexions internet, invoquant la lutte contre les fausses informations et les risques de troubles.**_

La Commission des communications ougandaise a notifié aux opérateurs une interruption du réseau à compter de mardi soir. Cette décision, dont l’authenticité a été vérifiée, intervient à la veille de l’élection présidentielle et législative. Le gouvernement justifie cette mesure par la nécessité de prévenir la diffusion de contenus trompeurs, des fraudes potentielles et des appels à la violence.

Une pratique qui n’est pas une première dans le pays. Un black-out similaire avait été imposé lors du précédent scrutin en 2021, remporté par le président sortant Yoweri Museveni, au pouvoir depuis quatre décennies. L’opposant principal, Robert Kyagulanyi, connu sous le nom de Bobi Wine, avait à l’époque dénoncé des irrégularités et une répression ayant entraîné de nombreux décès. Les autorités actuelles n’ont pour l’heure pas commenté publiquement cette nouvelle suspension, alors qu’elles avaient auparavant assuré que l’accès en ligne serait maintenu.

La coupure doit survenir quelques heures après le dernier rassemblement de campagne du chef de l’État, qui a rassemblé une foule importante à Kampala. Parmi les participants, des partisans affichant leur soutien inconditionnel, tandis que d’autres reconnaissaient n’être présents que pour la distribution de nourriture, sans intention de voter pour le candidat sortant. L’accès à la manifestation a été restreint pour plusieurs journalistes étrangers, certains s’étant vu menacer d’interpellation malgré leur accréditation officielle.

La période préélectorale est décrite par des observateurs internationaux comme tendue, marquée par des arrestations ciblées de militants de l’opposition. Des centaines de sympathisants du principal parti rival auraient été interpellés ces derniers mois. Un climat qui alimente les craintes de dérives, d’autant que le pays voisin, la Tanzanie, a connu récemment un scénario comparable avec une interruption prolongée d’internet lors d’un vote contesté.

Pour verrouiller davantage l’espace informationnel, les autorités ougandaises ont également annoncé fin décembre des restrictions à l’importation de systèmes de connexion par satellite, susceptibles de contourner le blocage national. Cette stratégie de contrôle des communications place ce scrutin sous une surveillance étroite, dans un contexte où la compétition électorale soulève des inquiétudes quant au respect des libertés fondamentales.

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